Montchal, Mémoires, Rotlerdam, 1718, t. I, p
3. Cette mesure d'exception ])oiivait, à la rigueur, se justifier par la différence de valeur des bénénces anciens et de ceux qui avaient été lécemmenl acquis, ainsi que parla gène des congrégations nouvelles; do Montclial l'interprétait comme un moyen <i ])lus politique et tyrannique que chrétien, d'entretenir la division entre le clergé et les Jésuites", d'exciter contre ces derniers l'indignation des Pasteurs, et d'engager ainsi les Jésuites à " soutenir les entreprises qu'il faisait contre le clergé, comme en elTet quelques-uns de cette société s'avancèrent d'en parler si avant, que l'archevêque d'Arles, qui les aimait tendicmeni, perdant patience d'en ouïr parler dans Arles, et en sa présence, il les réprima courageusement ». (Montchal, Mrmoii'es, Rotterdam, 1718, t. I, p. 129 et 130.)
4. René Kerviler, La presse politique sous Riclielieu et l'Académicien Jean de Sirmond, Paris, 1876. — Il est curieux de suivre, dans les Mémoires de Lancelot, les motifs de la persécution dont l'abbé de Saint-Cyran fut l'objet de la part de Richelieu, après les preuves de sympathie qu'il en avait reçues surtout à la publication du '■ Petrus .\urelius » ; la vraie cause, d'après cet auteur, aurait été la crainte que l'abbé de Saint-Cyran n'écrivît contre lui, en divulgant certaines particularités de sa vie qu'il était seul h connaître ; mais il semble relier aussi, en partie au moins, cette disgrâce à celle du P. Caussin, dont le roi manifestait avec plaisir retrouver les idées dans le livre du P. Seguenot attril)ué à Saint-t^yran, et aussi à l'inimitié du P. Sirmond attaqué personnellement par Petrus Aurelius. Envisagés unicjuement au point de vue privé, ces deux derniers motifs auraient quchpie vraisemblance si l'on ne retrouvait, sans conteste, le plus puissant de tous dans les idées inflexibles du Cardinal sur la nécessité de l'unité <lans la foi religieuse qui a inspiré son premier acte politique.
!>. Mgr Porraud, Le Gard, de Hichetieu, écèque, théologien et protecteur des lettres, Paris, 1882, p. 39.
AUMONES, DONS ET PENSIONS 1 o7
Les Minimes, un Ordre ancien, cjui viennent après les Jésuites, sont représentés au Compte par deux couvents nouveaux : celui de la Place RoN-ale, édifié sur un terrain faisant partie du Parc des Tournelles, a eu comme fondatrice Marie de Médicis, et il y a neuf ans à peine que la première pierre du maître-autel a été posée dans l'église dont elle a ordonné la construction.
La maison de Picpus est un peu plus ancienne ; Louis XIII a posé, en 1611, la première pierre de sa chapelle, et leur a fait don, en 1619, de 1.000 livres tournois pour les aider à forclore de nmrs le jardin de leur couvent '.
Nous avons déjà vu des religieux de cet Ordre, servir d'agents politiques secrets à Richelieu ; plus tard, c'est à des théologiens des Minimes qu'il soumettra un point de casuistique des plus curieux pour apaiser les scrupules du roi-, car Louis XIII en a fréquemment; la raison d'État ne domine pas sa conscience comme celle du Cardinal qui après avoir terminé sa Perfection du chrestien par des considérations contre les scrupules, le suppliera dans son Testament politique de se fortifier contre eux « en suivant l'avis de son Conseil, confirmé par celui de quelques bons théologiens non suspects •' >> .
Un autre couvent nouveau que les Récollets de la Porte Saint-Martin, établis au faubourg Saint-Martin en lti03 ; c'est encore Marie de Médicis qui a posé la première pierre de leur église, et qui s'est déclarée la Fondatrice de cette maison ^.
Nouveau aussi celui des Pères de la Mercy qui suivent la règle de saint Augustin, et « sont obligez par un quatrième vœu solennel qu'ilz font, d'aller en personne dans les Terres des Barbares et des Turcs pour racheter les chrétiens esclaves, par les aumônes qu'ils ont reçues à ce sujet » devant même à l'occasion demeurer esclaves pour eux. Un arrêt du Conseil du G août de l'année précédente a décidé qu'ils auraient droit de quête par moitié avec les Trinitaires ou Mathurins, un Ordre de but analogue, pour la rédemption des captifs ; eux aussi ont été protégés par la reine Marie de Médicis, lorsqu'ils se sont établis en 1613 près de l'hôtel de Guise.
Les couvents de femmes qui apparaissent nuiintenanl simt moins
1. L. a. s. de Louis XIII. Le Plessiz-les-Tours, 22 juin 1019. Coll. A. Pécard, Paris (Charavay), 1873, p. 39.