‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 16 sur 464 · Avenel, Lettres..., t. VII, p · texte numérisé non relu

Avenel, Lettres..., t. VII, p

La Maison nr CAiim>Ai, nE Richelieu. 2

18 LA MAISON Dr CAKDINAl, DE RlCIIELIEf

d'avoir été trompé. Ce sentiment lui inspirera de s'imposer la dissimulation comme lune de ses règles de conduite, avant dentrer dans la vie politique, et il notera alors « qu en la cour, il faut procéder avec les bons avec simplicité et franchise, et avec les fourbes, avec prudence, circonspection et autant d'apparence de franchise, comme on en aura en elfet avec les gens de bien ' ».

Cette préoccupation constante des intérêts même les plus modestes dont il a pris la charge, qu'ils le concernent ou non personnellement, et qui semble ra ver en une mesquine lésinerie, n'est pas seulement la conséquence de la tournure rigoureusement méthodique de son esprit, dont nous avons dit l'origine : elle est aussi la résultante logique de tout un ensemble de circonstances extérieures.

Avant de se destiner à la carrière ecclésiastique, Richelieu a vécu de la vie mondaine et dissipée des jeunes nobles à Paris •'; plus tard, il a connu les succès de la chaire à Saint-André-des-Arcs, devant la famille royale : il a vu (le près la cour, et son luxe: son frère aîné, Henrv du Plessis est l'un des « Dix-sept qui paraissent le plus et font fort les seigneurs ■' » dans cette cour qui prend sa revanche des austérités que lui a imposées la rudesse économique de Henri IV. 11 est fier de ses succès, de sa prestance, de sa noblesse, et il ne peut tenir le rang qu'il se fixe à lui-même par ses avantages et par sa valeur. « Glorieux * », comme il se reconnait luimême, sa gêne pèse à sa fierté. 11 dira et il répétera dans ses premières lettres où il s'épanche plus qu'il ne le fera jamais, qu'il est « gueux •'• », que « sa bourse est fort faible '' », il parlera ironiquement en se raillant lui-même de « sa misère de pauvre movne réduit à la vente de ses meul)les et à la vie rustique " » ; il invitera un personnage de qualité de passage à venir « prendre un mauvais dîner ** » dans sa maison : sous cette plaisanterie trop affectée pour être sincère et trop fréquente pour ne pas i-épondre à une véritable obsession, l'on sent l'amertunie de la

1. .\. IHascIiel, Mriiioims il'Anmind du Plessis de Richelieu... alors iju'il médiUiil de pnraitre à la cour, p. la.

2. Matliieu de Morfjues, 1 res-humhle, Ires-verilahle et Ires-imporlante Remons- Irance au Roi/. 103J, iii-4», p. .tl. — Response à la (res-humble, Ires-verilahle et Iresimporlante Uemoastrance au Roy, 1632, p, 583. {Recueil de pièces iliverses pour servir à riiisloire, 1039.)

3. Tallemaut des Réaux, Historiettes, Paris, Tcchcncr, 1863, t. I, p. 372.

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