‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 17 sur 464 · Ibid., t. 1, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. 1, p

1, ORDRE ET LÉCONOJllK IIE RICllKLIEL 19

médiocrité, la lutte quotidienne contre les nécessités somptuaires de la vie, dans cet évèché qui est une ruine et où il étoufîe. Ces embarras d"arg'ent, compliqués de procès et de difticullés de famille ', auxquels il essaie « d'apporter remède » par un soin c<mtinu, lui sont d'autant plus sensibles qu'il a horreur des dettes par principe el par dig'nité. Ce lui est un soulagement que d'envoyer à M""' de 15our;;es n ({uand et quand ce qui vous restoit deub des mises cjue vous avez lait jiourmoy. 11 y a quarante pistolets et vingt sols en monnoye (lul lont les cent quarante cinq livres dont je vous estois demeuré retlevable - 'i. Voilà les premiers mots de sa lettre; on y sent la hâte de la libération. 11 ne voudrait " pour rien au monde que monsieur le commandeur » ' un créancier sans doute) « attendist à mon occasion son argent •<. Il lait vendre une petite tapisserie ■', l'une de ses passions, achetée en vue d'une installation qu'il a projetée à Paris c( bien que les logis soient si chers » ; il attend près d'une année avant de pouvoir les acquérir, ces « deux douzaines de plats d'argent, de belle grandeur, comme on les fait » qui sont destinés k i< relever fort sa noblesse * ».

Longtemps encore, il soutTrira de cette situation malaisée, ce qui explique aussi la persistance en lui, jusqu'à la fin de sa vie, de cet esprit d'économie. Neuf ans plus tard, en Hil!l. il est encore obéré et consacre au paiement de ses obligations la somme qu'il avait mise en réserve pour réciinipenser la charge du président de Blanc-Mesnil, chancelier de la reine-mère "'. Lors de son départ pour Avignon, sa fortune est bien modeste ''. puisqu'il est obligé d'accepter en prêt une somme assez forte de son confesseur Mulot el de son secrétaire Le Masle ; en IG2I même, il avouait encore des dettes '.

A ses débuts, Richelieu, comme on vient de le voir, ne dissimule ni son goût du faste, ni snn besoin de " paraître ^ » ; .< c'est grand pitié que pauvre noblesse », écrit-il, car pour lui, la manjue extérieure du rang est inséparable de celui-ci, qu'il s'agisse de lui-même ou de ceux qui le touchent, à un degré quelconque.

Dès qu'il est en mesure de « relever sa dignité », il ne peut s'empêcher

!. Aveiu'l, Lpllirs.... t. I, |i. 117 ol 123.

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