‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 170 sur 464 · Arcli. nat. .\. D · texte numérisé non relu

Arcli. nat. .\. D

.3. Le Louis d'or politique et i/ulanl, 1'. .Marteau, Cologne, tO'.lj.

4. Une nouvelle Déclaration du roi du 29 mai 1640 prolongeait le délai de conversion jusqu'à fin septembre ; une autre du 27 septembre, jusqu'à fin décembre 1640 ; à celte dernière date, un arrêt du conseil d'Ktat reculait encore le terme à fin mars 1041 ; puis, un suivant du 23 de ce mois, jusqu'à fin septembre pour l'or, et jusqu'à fin décembre pour l'argent.

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La question n'était j)as résolue et les fraudes continuèrent, car le 29 décembre suivant, la Cour des monnaies rendait un arrêt informant << qu'il sera informé contre les biiloneurs et acheteuis de pièce-; légères, et contre ceux qui sèment divers bruits touchant K' prix des monnaies ».

Une solution, la seule possible, s'imposait ; c'était la refonte avec sa conséquence forcée de la hausse du cours par l'augmentation de la valeur fiduciaire, car l'Etat était trop aux abois, et l'occasion était trop belle, pour ne pas faire tourner l'opération au ])rolit de ses fin;inces. Le publie n'ignorait certainement pas les projets de l'Etat et devait les pressentir ; cela même explique la recrudescence des manœuvres que la Cour des monnaies essaya d'enrayer par son édit.

Mieux que personne, le Cardinal était au courant de ces projets (hianciers ; de \h, ses craintes pour la bourse de ses pensionnaires, qu'il fit prévenir dès qu'il acquit la certitude qu'ils pourraient pendant six mois faire un usage normal et « sans déchet » des espèces reçues par eux.

Sa caisse fut, du reste, affectée, elle aussi, par celte crise monétaire, comme le prouvent les opérations de comptabilité auxquelles elle donna lieu, et que nous signalerons plus loin.

C'est donc bien, en 16i0, dans les premiers jours de février probablement, que les protégés de Richelieu furent appelés à toucher leur pension des mains de Desbournais ; ce qui expliquerait, semble-t-il, que cette dépense ait été portée non pas sur le Compte de 1639, mais sur celui de i6i0. Cette explication est séduisante, et paraît d'autant plus logique que l'incident relaté par Aubery s'applique bien à l'année de 1639. Mais il faut y renoncer, car si l'on examine le Compte, l'on constate que non seulement il a été arrêté à la date du 18 mars 1640, mais qu'il a été établi avec certains certificats de dépense qui sont postérieurs au 31 décembre 1639, tels tpie celui de Lomeras pour les jardins de Ruel, par exemple, qui est du 8 février. Or, c'est avant cette date du 18 mars bien certainement, (jue les pensions ont été payées par Desbournais, et il eût été dès lors facile de les faire figuri'r au Compte, s'ils avaient dû réellement en faire partie.

La régularité même du Compte, le soin apporté à son établissement excluent à priori toute idée d'omission au Compte original. Si les pensions des gens de lettres n'y figurent point, c'est qu'elles étaient regardées comme indépendantes des dépenses de la maison ; le mode même de paiement par les mains de Desbournais leur donne un caractère intime et personnel, qui est encore confirmé par le fait que l'état spécial

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des pensions, dressi- par lo Cardiiuil lui-iiiènu', est resté entre les mains de la duchesse d'Aiguillon par laquelle Aubery on a eu connaissance, et non point entre celles de Le Masle, comme les autres pièces de caisse justilicatives.

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