‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 195 sur 464 · Ibid.,l. VII, p · texte numérisé non relu

Ibid.,l. VII, p

d autres t'ois il envoie au roi son niéileein (^itovs qui est, du reste, inscrit comme médecin sur l'Etat de l'épargne de la maison royale ; il aide même h le soij^ner ; il assiste aux consultations des médecins de la cour, il y prend part '.

Quand il est question de lui-même, il en fait tout autant ; plusieurs de ses lettres au roi. lorsqu'il est tjueslion de ses infirmités, décrivent par le menu toutes les circonstances compatibles avec le respect dû à la majesté royale, et avec la nature de son mal ; sans vouloir aller trop loin dans cette analyse, il nous semble nième s'y complaire quelquefois, d'une fa^on inusitée pour son caractère très peu expaiisif; constatons en passant que ces épanchements sont réciproques, et que là a peut-être été entre ces deux hommes le lien secret le plus puissant, parce que basé sur leur côté commun le plus puissamment humain.

Richelieu avait même composé un traité en latin sur les métaux, à ce que rapporte .\ubery, d'après le témoignage de Naudé basé sur le dire de Citoys qui assurait l'avoir vu -'.

Mais là, comme ailleurs, la clarté d'esprit du Cardinal ne perdait pas ses droits et la phraséologie pédantesque et nébuleuse du temps ne trouvait pas grâce devant elle ; ne croirait-on pas entendre Molière, lorsqu'il raille Chavigny de « ses passions viscéralement bilieuses », qu'il lui conseille d'opposer aux « ventriculairement illiaques » de M. de Nazon, le sobriquet d'un personnage inconnu ^.

Avec le système de médication en vigueur à l'époque, le poste de Citoys était loin d'être une sinécure ; de Morgues n'exagérait point lorsqu'il apprenait au public, dans un de ses pamphlets, que le Cardinal <( se fait seigner toutes les sepmaines, et bailler des clystères tous les jours ' » ; il sullit pour s'en convaincre, de parcourir le chapitre des frais d'apothicaires et de chirurgiens. Les premiers justilient quelque peu la plaisante définition que donnait Guy Patin de la corporation : « Animal bene faciens partes, et lucrans mirabiliter » ; ils s'élèvent, eux seuls, à 2.816 livres 9 sols; cette somme comprend, il est vrai, les frais concernant les domestiques malades qui sont nourris et soignés par la maison, et nous

1. Robert Lyonnot, De morAi's hœreilitariix broùs dis:<ertatio, Paris, 16i-7 (D'' P;uil Guillou, La mort dp Loiiin XIII. Paris, 1890, p. 81).

Page 1