Guy Patin, Lettres choisies, Paris, 1692, t. II, p
5. Dans le Testament politique, Richelieu a fait, et sévèrement, le procès des Survivances (chap. V, sect. III); il avoue cependant en ■< avoir souffert la pratique même à l'endroit des siens » : la note du Testament qui vise ce dernier mot explique que le Cardinal entendail parler des charges de la mer c établies par ses soins » ; il est néanmoins intéressant d'en constater dans sa propre maison un autre exemple probable.
6. F.S.D.I.C. (Krère Saint de Jean Carme), Lettre de Myr le Marquis de Fontenay-Mareuil... sur le trépas de Mgr VEm. Card. de Richelieu, Paris, 1642, p. il.
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C'est le seul cas de survivance, pour nous servir de l'expression consacrée, que l'on rencontre dans le personnel domestique de la maison ; il faut en chercher la cause, en dehors des considérations de personnes, dans les conditions rigoureuses de recrutement que présentent les statuts du métier d'apothicaire-épicier qui viennent d'être à nouveau remaniés le 28 novembre IGIÎS.
La durée minimum d'apprentissage est de quatre ans ; outre ce temps, pour passer maître, l'aspirant à la maîtrise doit avoir servi pendant six ans chez un maître ; les épreuves d'admission sont hérissées de difficultés '; le candidat doit avoir étudié en grammaire '-, el le chef-d'œuvre, une série de préparations pharmaceutiques, est particulièrement difficile. Enfin, un nuiitre ne peut avoir quun seul apprenti, et ne peut en prendre un qu'un an après que celui qu'il avait sera sorti. « L'apothicaire-espicier " a bien le monopole des médecines, drogues, épiceries simples ou composées, poudres, figues, raisins, pruneaux, sucre et ouvrage de cire ", mais il lui faut compter avec la concurrence facile du « marchand espicier », commerce analogue au sien, dont le champ de négoce est infiniment plus vaste, et dans lequel la maîtrise s'obtient dans des conditions beaucoup plus faciles : trois ans d'apprentissage seulement, service de trois ans chez un maître et point de chef-d'œuvre ; le « marchand espicier » peut même s'occuper d apothicairerie, s'il a été reçu maître apothicaire, après un apprentissage spécial de quatre ans, car les deux communautés constituent ensemble le sixième corps des marchands de la Ville de Paris qui vient après celui des orfèvres.
De plus, l'apothicaire se trouve placé sous la haute surveillance et le contrôle souverain, en général peu bienveillant, du corps médical; après avoir essayé de s'y soustraire pendant plusieurs siècles de disputes et de chicanes, il a fini par avoir le dessous et la lutte s'est terminée en 162i
1. Les secrels descoucerls ties Arls. tant de Pharmatie que de celuy de distiller, vulgairement nommé Alchemie ou Spargirie... succintement déduicts en forme de Dialogue (entre le Maistre et l'Aspirant en la Maistrise de Pharmatie)... de l'invention de Godefroy Roussel, niaislre Appoticaire à Paris, Paris, 1612.
2. Billot, le jeune apothicaire de 25 ans, que M. de Mesmes envoie comme domestique, aux appointements de 400 livres, à son fils le comte d'Avaux, alors ambassadeur de France à Hambourg, possède une somme de connaissances remarquable :« il a fait sa première charge soubs M. RegnauU trois ans entiers ». M. du Val qui l'examioa, dit ■■ qu'il a étudié deux ou trois ans en médecine et qu'il est capable de s'y mettre sur le banc. Il se vante descavoir seigner et cognoistre quelque chose dans la chirurgie, comme aussi faict il de la chimye. Il parle bien allemand et scait du latin fort raisonnablement ". C" d'Avaux, Corresp. inéd. avec son père, Paris, 1887, p. 152.
La Maiso.n Df Cahijixal he Richelieu. 1^
'2\{^ LA MAISON Dr CAIIDINAL DE niCHEMEU
par un accord, modilié en 1628, qui consacre et réglemente cette surveillance .
En 1031), l'apothicaire ilomeslique est déjà, du reste, une exception; à cette époque « dans la plupart des grandes maisons, il n'en existe plus; c'est un homme ou lille de cluunhre qui l'ait et donne les lavemens et les médecines aussi' »; l'institution de « l'apothicaire charitable'- » qui vend dans sa maison les compositions de son manuel » fort bien faites et à un prix fort raisonnable » a achevé de porter un coup terrible à la corporation.
Dans une prqfession d'un accès aussi difficile et rendue aussi ingrate, les vraiment bons praticiens devaient être rares ; l'on peut ainsi s'expliquer, en partie tout au moins, la précaution de Richelieu d'adjoindre un auxiliaire à son apothicaire en titre ; elle était également justifiée par le souci de sa sécurité personnelle, car c'est à l'apothicaire qu'échoit naturellement le soin de préparer les médecines, et le Cardinal sait par expérience, aussi bien que Bouvard et Privas, les médecins du roi, combien il est facile de mêler un poison mortel à l'une d'elles''.
A la mort de Richelieu, Jérôme Blouyn continua à occuper les mêmes fonctions auprès du cardinal Mazarin et, en avril 1648, il était nommé, certainement à l'instigation de son nouveau maître, premier valet de chambre du jeune duc d'Anjou auquel on montait une maison » en lui ôtant toutes les femmes * » ; il devenait ensuite valet de chambre ordinaire du jeune roi avec un brevet d'assurance de 60.000 livres, et en 1655, il possédait le titre de conseiller du roi et premier valet de chambre de Sa Majesté. A la mort de M. de Beaumont, il était fait intendant de "Versailles, « avec pouvoir d'administrer les revenus et profits, vendre et affermer, passer les baux et marchés, veiller à la conservation et entretien des bâtiments, à l'acquittement du devoir des vassaux », etc.; par un
\. Guy I^atlii, \ouveaii recueil de Icllres choisies, RoUerdam, 169"), l. IV, p. 44.
'1. L' Apulhiquaire charitable, enxeignanl à faire en tu maison les medicamens composez avec grande faciliti', peu de frais et peu de temps, par Ph. Guilhert. Seconde édition, Paris, Denis l'Anglois, 1625. — Le Prix et Valeur des medicamens tant simples (jiie composez, par le même, Paris, 1626. —Le médecin charitable enseignant la manière de faire et préparer en la maison avec facilité et peu de frais les remèdes propres à toutes maladies et selon l'avis du médecin ordinaire. Augmenté derechef de jtlusieurs remèdes, tant pour les riches que pour les pauvres. Ensemble d'un estai des ustensiles et medicamens tant simples que composez, que l'on doit avoir chez soy, tant aux champs qu'à la ville, par Ph. Guyberl, escuyer Docteur Régent en la faculté de médecine de Paris, Paris, 1632.