‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 198 sur 464 · Pontis, Métnoires, édit. Michnud, p · texte numérisé non relu

Pontis, Métnoires, édit. Michnud, p

4. Dubuissoii-Aubeuay, Journal des guerres civiles, Paris, 1883, t. I, p. 18.

La santé de RICHELIEU 211

brevet du 23 mars 1662, il était « chargé de faire les acquisitions nécessaires pour la formation du nouveau parc ' ».

Il périt d'un accident de voiture en mai 166"). On voit, par cette fortune, que Richelieu n'avait pas seulement préparé des hommes d'état pour son successeur politique et, qu'une fois dans la tombe, il prit singulièrement par les siens sa revanche de son ancien désintéressement forcé de la maison royale. La figure de son apothicaire est trop curieuse pour que nous ne la suivions pas dans sa desci'ndance.

A sa mort, l'un de ses confrères, Alexandre Bontemps, qui avait dû lui aussi sa fortune à la Faculté, car son père Jean-Baptiste avait été chirurgien ordinaire de Louis XIII, devint à sa place intendant de Versailles, château, seigneurie, avec les parcs, terres, et autres dépendances qui y furent jointes ensuite, Marly, Trianon, La Ménagerie. Louis Blouyn qui avait remplacé son père Jérôme, dans sa charge, était en effet trop jeune en 166.J pour prendre cette part de l'héritage paternel ; il y rentra seulement le 16 mars 1701, à la mort de Bontemps.

Un arrêt du lu mars ItiT'J lui avait confirmé le titre de premier valet de chambre, et un autre du 13 novembre 1696, celui décuyer; en ITI.'f, il achetait le gouvernement de Coutances, et vendait sa charge de premier valet de chambre à Bachelier, en septembre 1713 ; il mourut à Versailles le 1 1 novembre 1719, dans sa 72'^ année.

Sa mère, Armande Senechal, était fort probablement une parente de l'ancien valet de chambre du Cardinal, de ce nom, qui s'éleva comme Blouyn, ainsi que nous le verrons bientôt ; un acte de baptême, rapporté par Jal, nous fait connaître qu'il avait une sœur, Jeanne- Armande, baptisée à Saint-Roch, le 28 mars 1633'-.

Saint-Simon nous a laissé de Louis Blouyn un bien joli portrait à côté duquel nous aimerions à voir celui de son père, l'apothicaire du Cardinal : « c'était un homme de beaucoup d'esprit, galant et particulier..., froid, indifTérent, inabordable, glorieux, sufrisant et volontiers impertinent, toutefois peu méchant, mais à qui pourtant il ne fallait pas déplaire-'... » « Un vrai personnage » comme on le voit, et comme l'appelle le duc ; il tient même sa place dans l'histoire galante du grand régne, par sa liaison affichée avec Catherine Mignard, fille du peintre célèbre, qu'épousa par amour le comte de Feuquières, frère cadet du marquis, lieutenant général ^

1. Saint-Simon, Mrnioires fA. de Boislile), t. VIII, p. 40 cl 47. V. notes.

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