‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 202 sur 464 · L'espee courageuse des vrays François, s · texte numérisé non relu

L'espee courageuse des vrays François, s

2. P. Sénault, De l'usmje des passions, Paris, Ifii2. I^pislrc à Mgr l'Em. Gard, duc de Richelieu, p. .\.\xi.

216 LA MAISON nV CAnniNAT, DE RICHELIEU

avoir soutenu deux grands sièges, ([u'un chirurgien pour avoir pansé le siège du Cardinal ' »'?

C'est fort probable, étant donné le rapprochement voulu des deux personnages visés par le pamphlétaire, et qui devaient avoir, de par leurs situations, des rapports continuels ; comme le jeu de mot de de Morgues est de 163a, on peut en déduire qu'à cette époque, Berthereau était virtuellement, sinon en titre, le chirurgien du Cardinal dans ses campagnes, avant d'entrer dans sa maison, à la mort de son confrère Leroj'. Le chiffre modeste de ses appointements à l'état sont évidemment de pure forme et pour ainsi dire, de préséance, ce qui confirme encore ici à nouveau la remarque que nous avons faite au début sur le caractère spécial du Compte.

En 1640, tandis que le Cardinal se trouve avec le roi à Amiens, d'où ils dirigent les opérations militaires -, Berthereau est au siège d'Arras, mais son absence peut s'expliquer. A côté de La Meilleraye, le grand maître de l'artillerie, qui conduit le siège, se trouve le jeune duc d'Enghien, alors fiancé à la nièce de Richelieu, M""" de Brézé; le Cardinal suit avec une anxiété non dissimulée les faits et gestes de son futur neveu, exposé aux hasards de la guerre; au milieu de ses préoccupations les plus angoissantes pour des questions de ravitaillement qui le menaçaient d'un échec lamentable et honteux, on le sent attaché de tout son être à la conservation du jeune duc, peut-être en dehors de la question d'alliance, par une de ces divinations profondes qui donnent à son génie quelque chose de mystérieusement surhumain. Il écrit au prince de Condé ■'' pour lui donner des nouvelles de son fils, de même à sa mère, soit directement ^, soit par la duchesse d'Aiguillon ■'

N'est-il donc pas logic[ue de supposer (jue Richelieu a placé Berthereau auprès de son futur neveu, comme le praticien le plus adroit, et lui inspirant le plus de confiance ?

Ce fut un autre que le jeune duc (pii fournil au chirurgien un sujet de célébrité : Josias, comte de Uantzau, a, dans un engagement, le bras cassé d'un coup de mousquet; avant d'être dégagé par les siens et ramené à son quartier, il est malmené par les ennemis à coups de hampe de hallebarde ; quatre jours après, l'on constate que la gangrène s'est mise à la

1. Ln vérité défrmlue, WXrt, p. 24. [Recueil de pièces pour la. défense de la. reyne mère... Anvers, 1643.)

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