Ibid., t. VII, p
3. i< Ou l'a reconnu avare en toute chose. Mézeiay lui présenta un volume de son Histoire de France. Le Roy trouva le visage de l'abbé Suger à sa fantaisie ; il en fit le crayon sans rien dire, bien loingdc rien donnera l'autlieur.
" II raya après la mort du Cardinal toutes les pensions des gens de lettres, en disant : « Nous n'avons plus atTaire de cela. » Depuis la mort du Cardinal, M. de Schomberg luy dit que Corneille vouloit luy dédier la tragédie de Polyeucle . Cela luy fît peur, parce que Montauron avait donné deux cens pistolles à Corneille pour Cinna : « II n'est point nécessaire », dit-il. — « .\h ! Sire, reprit M. de Schomberg, ce
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et de La Ghastre ', qui peuvent paraître suspects, malgré les détails nombreux et précis que donne le premier, il y a encore ceux de Mathieu de Morgues, et du Cardinal lui-même, comme nous le verrons tout à l'heure. De même que Richelieu, le roi descend volontiers aux petits détails domestiques, à la fois par goût de la minutie, par désœuvrance, et aussi par esprit d'économie, mais il n'est point guidé comme lui par une règle de conduite raisonnée, et ses tendances qui ressemblent fort à la parcimonie méthodique du cardinal, n'en sont, en réalité, que le pastiche mesquin, n'étant point couvertes, comme chez ce dernier, par la grandeur de l'idée qui les domine et les rehausse en même temps.
« 11 s'attache plus volontiers aux choses petites qu'aux grandes et importantes- », comme le lui dira un jour Richelieu; il se complaît dans les occupations inférieures et peu relevées; le journal d'Heroard n'édifie
n'est point par interest. » — « Bien donc, dit-il. il me fera plaisir. » Ce fut à la Reyne qu'on la dédia, carie Roy mourut entre deu.x.
" Une fois, à Saint-Germain, il voulut voir Testât de sa maison pour sa bouche. Il retrancha un potage au laict à la g-énérale Coquet, qui en mangeoil tous les matins. Il trouva, sur le compte, des biscuits que l'on avoit donnez à M. de La Vrillière. Dans ce mesme moment, M. de La Vrillière entra. Il luy dit brusquement : « A ce que je voy, La Vrillière, vous aimez fort les biscuits. » En revanche, il parut bien libéral, quand en lisant : un. pot de gelée pour un tel, qui estoyl malade, il dit : c. Je voudrois qu'il m'en eust couslé six, et qu'il ne fust pas mort. " Il retrancha trois paires de mules de sa garde-robe; et M. le marquis de Rambouillet qui en estoit grand-maislre, luy ayant demandé ce qu'il vouloit qu'on fist de vingt pistollos qui estoient restées de ce qu'on avoit donné pour achepter des chevaux pour le chariot du lict, il luy dit ; (I Donnez-les à un tel mousquetaire, à qui je les dois. Il faut commencer par payer ses dettes. » II rabattit aux fauconniers du Cabinet les bouts quarrez qu'ils acheptoienl pour peu de chose des escuyers de cuisine, et les leur fit donner pour leurs oiseaux, sans rescompenser les escuyers de cuisine. » (Tallemant, Ilisloriettes, t. II,
i. De La Chastre conte dans ses Mémoires comment le cardinal de Mazarin et M. de Chavigny portèrent le Roi à la délivrance des maréchaux de Vitry et de Bassompierre et du comte de Cramail, qui étaient emprisonnés à la mort de Richelieu: i< Le moyen dont ils se servirent en cette occasion, mérite d'être écrit, comme étant assez plaisant; car ne voyant pas que le Roi y eust beaucoup d'inclination, ils le prirent'par sonfoible, et lui représentèrent, que ces trois prisonniers lui faisoient une extrême dépense dans la Bastille, et que n'étant pas en état de faire cabale dans !e Royaume, ils seroient aussi bien dans leurs maisons, où ils ne lui couteroient rien. Ce biais leur réussit, ce Prince étant préoccupé d'une si extraordinaire avance, que tous ceux qui lui pouvoient demander de l'argent lui pesoieut sur les épaules ; jusques-là qu'après le retour de TreviUe, Beaupuy, ettles autres que la violence du feu Cardinal l'avoit forcé d'abandonner lorsqu'il mourut, il chercha une occasion de leur faire un rebufade à chacun, pour leur ôter l'espérance d'être recompensez de ce qu'ils avoient soufert pour lui. » (De Varillas, Mémoires de la minorité de Louis XIV. Villefranche, IG89, i'^ partie, p. 19.)