‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 242 sur 464 · Tallemant, llisl., t. I, p · texte numérisé non relu

Tallemant, llisl., t. I, p

2. Dassoucy, Aventures burlesques (E. Colombeyi, Paris, 180.'!, p. 216. .1. Gantez, L'entretien de musiciens, 164.3 (K. Thoinan\ 1878, p. 44.

4. La musique de ta taverne. {Variétés hisl.el /i7<., t. VI, p. 341.)

o. Douze ans plus tard, elle est portée à 3 livres pour les maîtres de musique.

6. H. Taine, Les orir/ines de la France contemporaine. L'ancien régime, Paris, 1882, p. 245.

". .\bbé de Tressay, Histoire des moines et desévéques de Luçon, Paris, 1868, t. Il, p. 348 et 349.

« De la nature des gascons, avec beaucoup de bravades et peu d'effets » ce sont de joyeux compagnons, buvant volontiers un coup de compagnie, lorsqu'après une rencontre de hasard, où leurs instruments et leurs voix se sont escrimés, k essuyant leur visage et arrousant leurs flustes, ils racontent leurs tirades, leurs prouesses, et leurs ruses miraculeusement harmonieuses ' », car ils sont aussi grands humeurs de piots, avec un rite qui leur est propre et qui porte leur nom-, sans avoir peur à l'occasion d'une " mesure triple'' » el ils font volontiers une <( pause » là où ils savent trouver une cave bien garnie ou un cru de renom.

Avec cela « gueux comme des peintres ^ », rompus d'avance aux avatars do leur existence errante, et serrant souvent leur ceinture :

Trouvant en leur disner de si maigres repas,

Qu'on entend leurs bouyaux chanter dans leur bedaine '.

avec « les dents aussi longues que leurs vielles et le ventre aussi creux que leurs basses ^ ».

« Sec comme son instrument, couvert d'un petit manteau noir de serge de Rome, sur un habit de couleur extrêmement minée, un nez violet qui a la mine d'avoir esté rouge autrefois et s'estre baigné dans une inQnité de verres de vin ^ », voilà le joueur de luth du wn" siècle, le nomade insouciant, tendant, sans se lasser, la main toujours ouverte et toujours vide, passant comme l'idéal qu'il incarne dans ce « siècle de fer», sans rien laisser derrière lui qu'un souvenir fugitif comme ses notes, et sans tourner la tête.

Comme leurs frères les poètes, chez lesquels ils s'égarent parfois à l'exemple de Dassoucy et du populaire Sibus ^, mais plus malheureux parce que leur livre a moins de lecteurs, les musiciens usent des dédicaces, le seul moyen d'obtenir une bourse bien garnie ^, ou la prébende rêvée, quelque bonne maîtrise ou une place dans la musique d'un grand seigneur. Celle de Richelieu n'était pas la moins recherchée ; si nous n'y voyons pas le nom de Gantez, la personnification de cette muse errante, c'est à cause du « manque d'un petit mot de quantité dans sa messe de

1. René François, Essai/ 'hs mpri^pillrs dp rntlurp, Rouen, lfi22, p. 517.

2. Lp Passe-port dps bons lipuvpurs [Varlélos hisl. et lill., l. IV, p. 70).

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