‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 244 sur 464 · Ibid., t. V, p. 59 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid., t. V, p. 59 et suiv

j. Dalibray, Poésies diverses, Paris, 1646, p. 73 et 126.

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cjui passent leur vie à v piauler des choux sur les ailles de leurs moulins à vent ' ».

Il fallait pourtant leur trouver un échelon dans l'État de la maison du Cardinal ; ils j- suivent les valets de chambre, rangés après eux dans la domesticité manuelle pour marquer le caractère exclusivement personnel de leur service auprès du maître, service qui n'arrive cependant pas à lin limité. Aucun d'eux n'est porté à son testament, et cette omission, certainement voulue, est remarquable. 11 faut en rapprocher deux détails signiticatifs : le traitement delà musique a été doublé en quelques années, les gages portés de 150 à 300 livres ; une phrase de Tallemant nous apprend, en outre, que pour ces bénélices vacants dont Richelieu est cependant prodigue vis-à-vis des siens, il a fallu qu'on lui «conseille de penser à ceux de sa musique», pour qu'il leur en attribue. Si l'on synthétise tout cela, on en arrive à conclure que dans la maison, les musiciens n'ont rien perdu de leur indépendance de caractère et de leur humeur vagabonde, qu'ils y font comme une sorte de bande à part, que Richelieu le sent, qu'il a compris la nécessité de se les attacher par des appointements plus élevés, mais sans pouvoir les fixer comme ses autres domestiques ; et en effet, à sa mort, nous les verrons pour la plupart, les seuls de la maison, passer immédiatement après dans la maison royale, comme uniquement préoccupés de leur art.

En 1 63!), il n'y a plus sur la liste des musiciens qu un seul des noms de l'état de 1626, Hébert, le doyen par conséquent. Il n'est pas mentionné dans la Bioc/raphie universelle de Fetis, mais nous retrouvons son nom au bas de l'un des hymmes notés de Santeuil ', avec celui d'un de ses confrères ; cela seul fait supposer qu'il avait, comme compositeur, une certaine notoriété.

Dubuisson est encore moins connu, par suite de la diflîculté à l'identifier avec un des nombreux personnages de l'époque portant ce nom et faisant de la musique tout au moins en amateur. Il est fort douteux que ce soit Pierre du Buisson, abbé galant et gascon rimant, « petit homme assez estourdy qui faisoit des chansonnettes et des vers burlesques assez meschans ■* », dont le père Alexandre du Buisson, gouverneur de Ham,

i. Le j)Urga.loiro Jes bouchers, p. 272.

2. Vifloi- SaiilcHiil, //i/m/usacvi e<noui, Paris, 1689 (In festo omnium Sanctorum).

.'{. Tallemant, llist., l. IV, p. 110. Tallemant (jui donne sur lui force délails dans une anecdote dont il fut le héros avec le. marquis de Termes, Ninon et le ménage Burin, n'aurait pas manqué de signaler cette particularité pour un personnage en vedette comme lui et fournissant un aliment si intéressant à sa chronique.

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est cité dans une liste de gens de qualité à employer, dressée par le Cardinal en 1G37 '.

M. Arthur Pougin donne, à ce nom. l'article suivant d'après Titon du Tillet : » C'étoit un fameux buveur qui dounoit volontiers des leçons de musique et de table à MM. les étrangers et surtout aux .\llemands qui venoient pour (juelque temps à Paris ; il a composé un grand nombre d'airs bacchiques des plus agréables. » On trouve des airs de du Buisson dans le recueil publié par Christophe Ballard '-.

A la fin du xvn* siècle, l'un des » maîtres pour l'art de chanter » les plus en vogue de Paris, était un nommé du Buisson, liabilant rueDauphine ■^ ; n'était-ce point un parent, un tîls sans doute de l'ancien musicien du Cardinal, étant donnée la tradition alors presque rigoureuse suivant laquelle les professions se perpétuaient dans les familles ? Ce nous semble l'hypothèse la plus fondée, comme la plus simple et la plus rationnelle, sans rechercher, faute d'éléments, si le musicien du Cardinal et le père de ce dernier ne se confondent point avec le maître aux talents divers signalé par M. Pougin ^.

La passion de Louis XIII pour la musique sur laquelle nous avons insisté longuement, explique comment, après la mort de Richelieu, l'on retrouve dans la chapelle royale les trois autres musiciens de l'Etat qui étaient déjà en 1 633 chez le Cardinal, les plus stables de tous par conséquent . Si le roi ne maintint point ses pensions, il n'omit point en revanche de s'attacher ses musiciens qu'il connaissait ; il devait même les convoiter depuis longtemps, mais jaloux comme il était des charges de sa maison, il ne les aurait jamais pris du vivant du Cardinal, malgré le désir de ce dernier de lui être agréable, pour n'avoir point chez lui de créatures ou de domestiques du premier ministre '.

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