E. Dumont, Calai. 108, Paris, 1910, n
LA BOLCHE
de boucherie, volailles, gibiers de plaine, de bois et de marais, poissons de rivières et détangs, marée ou poisson de mer, avec le prix de chaque pièce. Les formalités de la recette sont soigneusement réglées; nous les avons vues, ainsi que les précautions prises pour le contrôle ; il en est de même pour le paiement. Dans la maison du prince de Gondé, il est assuré à Duby par une garantie sur les terres du prince, et il s'eiFectue tous les trois mois ; il en est de même pour celle du duc de Nemours ;chez le Cardinal, comme chez le roi, il se faisait mensuellement, tout au moins, en 1639. comme nous le montre le Compte et il en sera de même chez Mazarin. dix-neuf ans plus tard. 11 n'en avait pas toujours été ainsi; le pourvoveur Mathurin Nozereau avait été payé en une seule fois le 12 février 1627 du montant de ses fournitures de l'année précédente ' ; il faut remarquer toutefois à nouveau que c'est l'époque critique des préparatifs de guerre contre les Anglais, et le Cardinal avait alors d'autres préoccupations financières que celle de son train de maison ; le Compte sommaire et hâtif de 1626 en est la preuve, et nous avons déjà constaté aux Secrétaires un fait analogue.
Les pourvoyeurs des vivres des grandes maisons sont des personnages considérables ; dans quelques-unes, comme chez le prince de Condé, ils mangent à la table du contrôleur, et sont logés, eux et leur train, hommes et bêtes, par les fourriers du seigneur. Une entreprise de ce genre suppose, en elfet, en plus de capitaux considérables, et de connaissances spéciales, une activité et un entregent peu communs ; généralement, pour ces mêmes motifs, elle comporte plusieurs associés ; nous venons d'en voir un exemple chez le prince de Condé ; d'autres fois aussi, elle centralise les marchés de plusieurs maisons ; c'est ainsi que le duc de Nemours passe le contrat de pourvoierie de sa maison avec François Frichet, pourvoyeur de la comtesse de Soissons, Michel Desmoulins, pourvoyeur du marquis d'Effiat, et Jean Messier, pourvoyeur du comte de Moutmartin -'.
Les voyages ou déplacements sont prévus ; le pourvoyeur est tenu de suivre la maison pour la fournir partout où elle ira ; en compensation, il est stipulé dans l'acte, si elle va à l'armée ou à plus de vingt lieues de Paris, une majoration de prix du quart, << le Parisis )i. dans les marchés du duc de Nemours (1639), du roi (1659^, de la duchesse de Bourgogne (1697):*.
Les pourvoyeurs devaient abuser quelque peu du prestige de leur