‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 260 sur 464 · Ibid., p. 40, 47, uO · texte numérisé non relu

Ibid., p. 40, 47, uO

272 LA MAISON Dr C.AHDINAL DE RICHELIEU

livrée pour réquisitionner sui- leur passage, ce qui leur était nécessaire; l'Ordonnance de Blois (1560) y mit ordre en leur défendant ainsi qu'aux sommeliers » d'arrester ou marquer jjIus grande (juantité qu'il ne leur faut, ny de prendre des Bourgeois des villes, Laboureurs et autres personnes, vin, bled, foin, avoine ou autre provision, sans payer ou faire incontinent arrestcr le prix aux Bureaux des maistres d'hostels ; ny autrement abuser en leurs charges, à peine d'estre à l'instant cassez et de plus grande punition, s'il y eschet : ausquels Maistres d'hostels enjoignons paver ou faire payer huit jours après le prix arresté ' ».

La maison ro^^ale seule semble visée dans cet article, et il n'était rien fait pour enrayer les abus des autres maisons seigneuriales ; les prescriptions étaient, du reste, d'une application difficile dons la pratique, et sans doute faciles à éluder; l'Ordonnance d'Orléans (1601) résolut définitivement la question et cette fois d'une façon catégorique,' ce qui devait être nécessaire après les troubles profonds des guerres de Religion :

<( Défendons à tous Sommeliers et Pourvoyeurs, tant nostres qu'autres, d'enlever aucuns bleds, vins, et autres vivres sur nos sujets, sans payer comptant ce qu'ils enlèveront '-. »

Malgré ce véritable droit de réquisition, leur service en campagne laissait souvent à désirer ; ce n'était, il est vrai, point toujours de leur faute ; malgré sa livrée et ses couvertures aux couleurs royales, le pourvoyeur de Louis XIII, l'année du siège de La Rochelle, était arrêté une fois, avec son poisson, par des soldats du roi, de onze heures de la nuit jusqu'au lever du soleil, ce qui faisait dîner le roi bien tard ce jour-là •*. Le fait était fréquent, mais pour d'autres motifs ; nous avonsjdéjà vu combien Louis XIII était mal servi; l'incident montre, en tout cas, le peu d'effet que produisait sur les troupes régulières la vue des armes royales.

Les deux Pérou, le père et le fils sans doute, Jean et René, étaient déjà en 1633 pourvoyeurs de la maison du Cardinal de Richelieu pour la viande et le poisson ; le 16 novembre de cette année, assisté de leur commis et fondé de pouvoirs, Renault '', ils ont signé chez maître Parque le notaire, un contrat pour un marché de vivres de quatre ans -'; le marché a

i. Pierre Néron et Estieime Girard, Les Edils et Ordonnances des ires-chrétiens roys, Franr^ois 1"'... Louis XIll et Louis XIV, Paris, 1685, p. 50. Art. cxviii.

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