‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 262 sur 464 · Avenel, Lettres..., t. VII, p · texte numérisé non relu

Avenel, Lettres..., t. VII, p

4. Seconde partie de la France mourante, s.l. n. d., iri-12, 16 pp. îi. TallemaiU, Ili^l., l. II, p. 133.

0. Dubuisson-.Vulji'îKiy, Journal des r/uerres cirilea, P;iri.s, lîSS3, t. II, p. 3i-0 appeiul. 10 lëv. 1649;.

La Maison du Cardinal de Hicheliei;. 18

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semaine suivante, le samedi 12 décembre il en résultait une altercation violente avec le surintendant qui donna un soufflet au pourvoyeur. La Reine s'entremit ; u elle envoya quérir Prou et tira parole de lui de ne se ressentir de cela ' ».

La misère de la Fronde est venue, et il faut des ménagements si l'on veut conserver le crédit indispensable à la vie matérielle ; l'incident avait dû provenir du manque de fonds comme celui dans lequel nous avons déjà vu Richelieu intervenir, car une satire du temps loge le pourvoyeur du roi à l'Hôpital et les officiers du roi à l'Aumône - et il se répéta, car le 10 juin de l'année suivante, pendant le séjour de la cour à Compiègne les tables des commensaux sont encore à bas, « les pourvoyeurs ayant quitté faute d'argent et de crédit qu'ils n'ont plus dans ce pays-là ^ >,.

La chandelle est comprise dans le marché des Pérou, au prix uniforme de 8 sols à la livre pour toute l'année ; on se l'explique par la facilité qu'ils ont de la fabriquer avec le suif ^, qui est un de leurs déchets ; car le luminaire de luxe, la cire et la bougie, n'est pas fourni par eux.

La viande et le poisson sont bloqués dans le total des certificats sur le vu desquels les Pérou sont paj'és par l'argentier ; une exception a été faite toutefois pour l'ordinaire de viandes qu'ils ont fourni les jours maigres, pendant les mois de carême, en mars et avril ainsi qu'en septembre, ce qui nous apprend que pendant les périodes d'abstinence (160 jours par an environ), il y avait pour les malades de la maison un régime de table spécial.

Si l'on se reporte à la première colonne des tableaux I et II de l'appendice (Dépense ordinaire et Augmentation de la dépense ordinaire), on voit que la dépense totale de viande et de poisson s'élevait en 1639 à lOLOlo livres 13 sols, tandis qu'en 1626 elle n'était que de 59.202 livres 13 sols ^, près de la moitié seulement; ce rapprochement donne une idée de l'accroissement du train de la maison en treize ans, et il montre aussi combien sont peu fondées les évaluations que l'on a pu faire de la dépense réglée du Cardinal, en se basant uniquement sur le Compte de

Un autre point de comparaison intéressant nous est fourni par la liste comparée des prix unitaires qui termine l'étude des comptes de maison

1. Dubuisson-.\ubeiiay, Juurnul des i/iirrrcs civiles, L I, p. 92.

2. Les Logements de lu cour à Saint-drrmain en Lai/c, lû'»9 {Les courriers de la Fronde, Paris, 18^7, t. I, p. 388).

3. Dubuisson-Aubenay, Journal des guerres civiles, t. I, p. 187.

t. Olivicrdo Sorros, Le tlii'-:'ilre d'ni/rirullure, Gciii-ve, 1039, p. 773. b. Itevue hisl. el noLil. de l'Anjou (Doc. inéd., p. 20j.

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uUe nous avons citée ' ; nous retiendrons seulement le marché de la maison du duo de Nemours passé en cette même année de 1639; car celui de la maison du duc de Candalle, qui le suit comme date, est de IGoO, et en onze ans, le prix de la vie s'est modiiié sensiblement. Dans les marchés du duc de Xemours et du Cardinal de Richelieu, cinq articles seulement sont portés au même prix ; quinze sont d'un prix plus élevé chez le Cardinal de Richelieu, vingt-neuf, au contraire, à un prix inférieur ; mais alors que les premiers concernent des denrées de choix, des fournitures de luxe pour ainsi dire, les autres s'appliquent presque tous à des vivres plus communs, de consommation courante. Si l'on remarque de plus, qu'à l'armée, les pourvoyeurs du duc de Nemours ont le « Parisis », tandis que rien dans le Compte de la maison du Cardinal n'indique l'existence d'une majoration de ce genre, il est permis d'en conclure, ce qui concorde du reste avec ce que nous avons déjà vu, que chez Richelieu, la dépense est surveillée avec une économie plus stricte que dans toute autre maison de grand seigneur de l'époque, comparable parle rang.

Les boulangers sont les mêmes qu'en 1633, les sieurs Médard Mercier et Claude Mauperrin, et nous les retrouvons encore en 1641 comme fournisseurs delà maison. Tous les jours, ils envoient les voiturées de pain commandé par le maître d'hôtel, dans des sacs en cuirs, sous deux couvertures brodées aux armes de Son Eminence qui sont à la charge de la maison. Tantôt la broderie en est commandée directement au brodeur, comme en 1639, et payée directement à celui-ci par Euzenat, à raison de 16 livres pour chacune ; tantôt, les boulangers eux-mêmes les fournissent, comme en 1641 -, et la maison les leur rembourse à 20 livres pièce, ce qui nous donne le prix de la couverture seule, 4 livres. Julien Maillard, dit des Lauriers, le panetier, prend livraison du pain ; il les compte, et en vérifie de temps à autre le poids avec le maître d'hôtel oul'un des contrôleurs avant de les placer dans les grandes mannes d'osier fermantes alFectées à cet usage quiresteront dans une pièce spéciale à côté de l'office ' jusqu'au moment de la délivrance à l'écuyer chargé de dresser les tables.

Le prix du pain n'a pas été uniforme en 1039; il est compté tantôt à 10 sols la douzaine, soit à 10 deniers, tantôt à 12 sols, c'est-à-dire 1 sol lepain. L'ignorance oii nous sommes du détail du marché des boulangers ne nous permet que des conjectures ; il semble iiien cependant que pour

1. V" de Groucliy, Cnmptps île nutison, etc., p. \'>3 et suiv.

2. Revue hist. el noh. do l'Anjou, 1872 (Doc. iiiéd., p. 2;)).

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