‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 289 sur 464 · Amelot de la Houssaye, Mém., t. II, p · texte numérisé non relu

Amelot de la Houssaye, Mém., t. II, p

où figure la collation qu'il olTre à la duchesse la veille de son départ est le dernier acte de cette tragédie ; Richelieu, si sobre d'avances personnelles de ce genre en a été pour ses frais de galanterie, et tout l'art déployé par Daicq, Bruneau et La Voulte n'a servi à rien. Le Cardinal a bien fait les choses et n'a rien épargné pour être magnifique; le total du Compte est une preuve de sa munificence et de sa prodigalité inusitées ; la collation de Saint-Verny offerte à la duchesse après le dîner du roi ', le 9 octobre, la veille du départ de la Cour pour Lyon, est, en effet, la plus coûteuse de l'année, 1.221 livres G sols, 220 livres de plus que celles que le Cardinal a données à Paris, à Ruel et à Saint-Germain au roi et à la reine ! C'est peut-être au sortir de cette collation, où il a joué sa dernière carte, que ne pouvant atteindre son véritable adversaire, le P. Monod, « ce misérable moine » qui, du fond de sa prison de Montmélian, lui tient tête et contrecarre ses projets avec une ténacité farouche qui portera ses fruits, Richelieu, dans son irritation de l'échec politique doublé de la blessure d'amour-propre, a fait à Daglié une allusion si transparente k sa situation équivoque de conseiller intime de la Duchesse, que celui-ci, épouvanté, est monté sur-le-champ à cheval et ne s'est arrêté que dans la citadelle de Montmélian que défendra encore, pendant des années, l'ombre du jésuite !

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