Avenel, Lettres..., t. I, p. 7."i
5. TreS'hamLle, treS'Verilable eltres-iinporlanle Benionstrance au Roij, (1631), iii-4'', p. 100.
peut s'empêcher de s'extasier sur » le beau cheval entier de l'écurie du Cardinal ' », qui en a été la cause et qui a gardé depuis le surnom d' « Impudent - ') : un souvenir qui lui revient en mémoire, évidemment de l'époque où il fréquentait dans la maison du Cardinal et où il l'a admiré.
Après son A'oyage dans le Midi en 1629, terminé par la pacification du Languedoc, Richelieu éprouve le besoin de remonter son écvu-ie décimée, et envoie du Puy en Espagne pour lui acheter 2o chevaux, en ayant soin de le recommandera de Lingendes, secrétaire de l'Ambassadeur de France à Madrid ; il s'agit, en effet, d'ol)tenirdu comte duc d'Olivarès que le convoi puisse sortir du pays en franchise et il écrit en même temps directement au premier ministre espagnol pour obtenir cette faveur ^.
L'un de ces barbes, offert au roi, entre à l'écurie royale sous le nom de « Monseigneur » ; quelques mois après, il se met « un chicot dans le pies », et Louis XIII lui-même l'annonce à Richelieu en post-scriptum d'une lettre de sa main, en ajoutant (( qu'il a envoyé chercher son mareschal pour lui oster* ».
" Monseigneur » a sans doute remplacé « l'Arméville )> que montait le roi aux Ponts-de-Cé ■', comme nous le représente le dessin de Léonard Gonthier *', l'Arméville, l'un des derniers survivants des vingt chevaux caparaçonnés de toile d'or dont lui a fait don le roi d'Espagne, en 1613, lors de son mariage avec l'Infante ".
Un compagnon aussi de « Monseigneur » certainement, ce beau barbe que le Cardinal monte et fait voltiger devant l'armée, après avoir passé à gué la rivière du Doria en Piémont, << revêtu d'une cuirasse de couleur d'eau, et d'un habit de feuille morte orné d'une petite broderie d'or, précédé de deux pages à cheval, portant ses gantelets et son habillement de tête, ayant à ses deux côtés deux pages aussi à cheval, et tenant chacun par la bride un cheval de grand prix ^ ».
Louis XIII, bon écuyer et élève du célèbre Pluvinel qui lui donna ses
1. Vrai el bon advis de François fidèle, (1631), in-4">, p. 84. La miliade [Variétés hist. el lut., Paris, 1839, t. IX, p. 22).