‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 292 sur 464 · Pontis, Mémoires, édit. Michaud, p · texte numérisé non relu

Pontis, Mémoires, édit. Michaud, p

premières leçons, partageait la passion de Richelieu pour les chevaux ; ce dernier ne l'ignorait point, lorsqu'en 1635, il lui offrait encore au moment de son départ pour l'armée un cheval de prix ; le roi était sensible à cette attention, et en manifestait son contentement au Cardinal, en lui écrivant, par Saint-Simon, son premier écuyer, qu'il l'avait trouvé si beau qu'il voulait l'en remercier lui-même. » Nous lui ferons bonne chère dans son escurie, ajoutait le favori, et en aurons grand soing comme venant de Vostre Eminence '. «

Ce don était peut-être dû, autant ou plus qu'au désir de Richelieu de faire sa cour au roi, à son dépit de voir l'état lamentable des Ecuries rovales, dépit qu'il a exhalé, comme nous l'avons vu, dans ce passage du Testament politique, où il reproche, entre autres, au roi de n'avoir jamais eu, malgré sa dépense dans la Grande Ecurie, « un seul de ces Grands chevaux convenables à la grandeur d'un grand Prince, dont il eût pu se servir à l'occasion- ».

Ainsi qu'on le voit, le Cardinal n'hésitait pas, à mettre à contribution son Ecurie pour ses cadeaux ; ce n'est pas du reste seulement vis-à-vis du roi (ju'il usait de cette forme de politesse, accoutumée dans la diplomatie depuis un temps immémorial, et dont le caractère personnel rehaussait encore la valeur. En 1631, il offrait trois belles haquenées au prince-cardinal Maurice de Savoie lors de son voyage à Paris-* ; en 1635 il faisait présent de deux chevaux au colonel de Gassion à son départ pour l'armée '*.

Un cheval même est mêlé d'une façon bizarre à la vie politique de Richelieu : « le Polacre » ou « le Grand Hongre » qu'il avait connu dans l'écurie de la reine-mère, alors qu'il était surintendant de sa maison. Lorsque celle-ci quitta la France pour se réfugier aux Pays-Bas « dans le retranchement des assistances qu'elle ne pouvait plus continuer aux hommes, il lui fut nécessaire de vendre ou de donner quelques chevaux de ses Ecuries ^ » ; l'un d'eux << le Polacre » ou « le Grand Hongre », fut donné par ses écuyers et comme par charité, à Alpheston, comme « une vieille bête inutile ». Peu après, Alpheston était arrêté, convaincu de conspiration contre le Cardinal, et condamné à

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