‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 293 sur 464 · Testam. polit., p · texte numérisé non relu

Testam. polit., p

3. A. Dufour et F. Hahul, Le P. Monod et le Cardinal de Richelieu (Mém. de l'Acad. des Sciences, Belles-lettres et Artsde Savoie, Cliambéry, 1880). Doc, p. 160.

4. Abbé de Pure, Vie du mareschal de (ïassion, 2" partie, liv. I, p. 41.

5. Lettrcd'un Conscilli'r d'Estal à ta lieijne-mi're. Pièccscurieuses ensuite de celles du S' de Saint-Germain..., Anvers, 1644, t. IV, p. 133,

mort. A ["instigation de son ministre, Louis XIII renvoyait à sa mère le cheval qui lui appartenait (il ne pouvait y avoir de doute, vu la marque de lEcurie royale imprimée sur la cuisse), et Richelieu dictait au roi la lettre d'envoi à la reine-mère, de cette bête de prix ', restitution dune ironie sinistre dans son accusation muette de complicité avec l'écuyer condamné.

Dans l'année 1639, la Grande Ecurie comprend normalement 32 à 33 chevaux ; exceptionnellement, 38 pendant 8 jours de novembre, 37 le reste de ce mois, et 42 en décembre ; ces chitïres nous sont donnés par le montant des mémoires mensuels de Seneschal, l'entrepreneur de la nourriture des chevaux.

Dans la Petite Ecurie, leur nombre, beaucoup plus considérable, est aussi plus variable ; de 72 dans les trois premiers mois de l'année, il tombe à GO pendant 23 jours du mois de mai pour remonter à 73 en juin, puis à 79 en octobre et novembre ; dans ces chiffres ne sont pas comptés les 16 chevaux de harnais et de bat, et les 16muletsqui, bien que loués, figurent au chapitre de la Petite Ecurie.

Le personnel est en rapport avec cette nombreuse cavalerie; mais une très faible partie figure nominativement à l'état des gages ; ce sont seulement les privilégiés, affectés au service personnel du Cardinal qui ont leur place à la table de la maison, les deux cochers, qui conduisent les deux carrosses de Son Eminence, chacun avec son postillon et son garçon, le muletier de sa litière avec son garçon, et le maître palfrenier avec son second ; le premier de ceux-ci a sans doute la haute main sur les dix palefreniers de la Grande Écurie payés à raison de 14 sols par jour, qui couchent à proximité de leurs chevaux, dans des lits placés dans les enfoncements des croisées ~; l'autre commande de même à une partie des domestiques de la Petite Ecurie, cochers, postillons, muletiers et palefreniers, tout un monde qui comprend en plus du maréchal jusqu'à deux portiers dont la vigilance n'est pas de trop avec tous les allants et venants. Tout ce personnel de domestiques, qui n'est pas nourri, est payé sur Etats mensuels dont le montant global seul figure au compte ; heureusement, le comptable a noté leur nombre (33) pour le mois de janvier; si on leur applique le même salaire moyen de 14 sols qu'aux palefreniers de la Grande Ecurie, on voit que la main-d'œuvre seule représente pour ce mois 716 livres 2 sols ; la dilférence avec la somme totale de 731 livres

1. Aveuel, Lettres..., t. IV, p. 499 (8 novembre 16331. — p. Griffet, Hist. du règne de Louis XIll, t. II, p. 443.

2, Vignier, Le chasteau de Richelieu, Saumur, 1676, p. 6.

10 sols portée au Compte, c'est-à-dire 35 livres 8 sols, concerne donc exclusivement la graisse des carrosses, dont le comptable a fait mention, par suite de son importance, et qui fait naturellement, dans ses pièces de caisse, l'objet d'un article spécial.

Le chiffre du personnel de la Petite Ecurie varie avec le nombre des chevaux : tandis qu'en janvier, il comprend 33 cochers ou palefreniers, pendant les cinq mois de voyage, de fin mai au commencement de novembre, il y a une moyenne de 38 domestiques affectés à ce service, renseignement qui nous est donné par le total de l'allocation supplémentaire de 3 sols par journée de voyage payée à chacun d'eux à leur retour à Ruel et qui fait l'objet d'un poste spécial dans le chapitre de la dépense du mois de novembre.

Si le Cardinal ne nourrit pas ses chevaux jusqu'à leur mort, comme le fait le Connétable de Montmorency, dans l'infirmerie spéciale de Chantilly, même pour ceux qui n'ont plus que trois pattes ', il ne néglige pour eux aucun soin. En plus du maréchal anonyme compris dans le personnel de la Petite Ecurie et qui est affecté plus spécialement au ferrage, le Compte en révèle deux autres, Nicolas Brunet et Jean NicoUas. Ceux-ci fournissent les médicaments pour les chevaux ; chaque mois, ils font viser leurs mémoires. Le total pour l'année — 636 livres li sols — représente, comme on le voit, une dépense peu considérable pour une moyenne de cent chevaux.

Il en est de même des menues dépenses et fournitures des écuries, le petit matériel nécessaire aux 43 domestiques qui y servent, et qui chiffre 533 livres 1 0 sols seulement ; là encore apparaît l'ordre rigoureux qui règne dans la maison.

Quels sont les écuyers qui ont la haute main sur les Ecuries ? Le Compte ne nous apprend rien à ce sujet ; de Graves et de Saint-Léger qui y sont qualifiés de ce titre en tête des gentilshommes servants ne sont, en réalité ainsi que nous l'avons vu, que des écuyers d'apparat, ou écuyers servants attachés à la personne du Cardinal ; par fortune, le testament de Richelieu lui-même, après les Mémoires du temps-, aide à combler, tout au moins en partie, cette lacune ; on y lit en effet, aux legs, après les gentilshommes servants : « A de Roques, dix-huicl chevaux d'escolle après que les douze meilleurs de mon Escurie auront esté choisis par mes parents. »

Voilà le Grand-Ecuyer de la maison de Richelieu ; l'une des préroga-

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