Étal de h France, 1692, 1. 1, p
2. Ce don était une tradition des maisons princières ; après la mort du connétable son père, le duc de Montmorency donnait à .\lphonse, gentilhomme italien, Écuyer de la Grande Ecurie et premier Maître d'hôtel de la maison, treate-fiuatre des cinquante chevaux de manège de la Grande Écurie u des plus beaux et des meilleurs qui fussent en France ». Hist. Je Henri II, dernier duc de Montmorency , Paris, 1699, p. ~a .
3. V"> de Grouchy, Comptes de maison, etc. (Bulletin de la Soc. de l'Hist. de Paris et de rUe-de-France, 1892, p. 39).
ration, vu Tlmportance de sa charge, et ses nombreuses occupations, car il n"a pas seulement la surveillance générale des écuries et le contrôle de l'entreprise de Seneschal ; il assure aussi avec de Fort, son second, les leçons de manège pour l'Académie des pages. S'il n'a pas d'appointements payés en dehors de la maison, ce qui est probable, peut-être a-t-il soit une prébende qui lui en tient lieu, soit une prime sur la livrée, et sur le marciié de Seneschal, tout autant de suppositions que le manque complet d'éléments sur ce point ne nous permet d'émettre que sous toutes réserves '.
Les devoirs de l'Écuyer des écuries sont particulièrement facilités par le svstème adopté pour la nourriture des chevaux, le point à la fois le plus essentiel et le plus délicat, qui exige le plus de soins et de surveillance dans cette partie de la maison. Le Cardinal a simplifié tout ce qui pouvait l'être ; par un marché aussi régulier que les autres, François Seneschal a pris cette entreprise au prix forfaitaire de 18 sols par cheval et par jour ; cette somme est élevée, mais il ne faut pas oublier que ce prix s'applique également aux périodes de voyage ; il a fallu compter avec les complications des déplacements, les difficultés qui se présentent souvent pour se procurer au loin le fourrage, l'avoine et la paille nécessaires, et ce n'est point trop pour décharger la maison des responsabilités entraînées par le multiple détail d'un pareil service -.
Les marchés de Seneschal comprennent en plus la location de IG chevaux de harnais et de bât, et de 16 mulets, soit en tout 32 bêtes nourries au même pri.x que les autres, et pour lesquelles il reçoit 44 livres par jour; ils seront renouvelés le (i décembre ' ; le premier comporte comme le précédent, la nourriture des chevaux : seize chevaux de carrosse et seize chevaux de selle y sont prévus; le second est dilïérent, car en plus des sei/.e mulets noirs, avec leurs muletiers, cette fois, Seneschal s'engage à fournir des charrettes, des fourgons et des sommiers, ainsi que l'expérience, faite au cours du long voyage de l'année, en a montré la nécessité ; on les retrouvera plus loin au chapitre des Voyages.
Les achats de chevaux sont portés au Compte à deux postes distincts ;
1. Tallemant (//is/., t. 111, p. 330) cite « un Saiiil-d'Hierry, filz de feu Roques, cscuyor du cardinal de liiclielleu » comme l'un des galants do la comtesse de Suze.
2. En 1(519, 20 ans auparavant, Henri II, duc de Rohan, paie de 9 à U sols par jour pour la nourriture de chacun des seize chevaux de son train pendant son voyage dans l'Ouest (V'' Hervé du Ilalgouet, Les dépenses de Henri II, duc de Rohan, Saint- Brieuc, 1911).