‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 302 sur 464 · Bassompierre, Mémoires, t. I, p · texte numérisé non relu

Bassompierre, Mémoires, t. I, p

Pisanl dont le maréchal de Biron lui offrait 2.000 écus ', le cheval du comte de Salda^jne prêté par lui à Fontenay-Mareuil et qui avait coûté mille écus -, de même que le genêt d'Espagne donné par le connétable de Montmorency à lord Herbert de Cherbury et qui en valait 1 .500 ■' ne sont pas mentionnés pour une autre cause ; on tomberait dans l'excès opposé en se basant sur le tarif de la douane de Lyon (16 février 1633) qui évalue 30 livres un cheval d'Espagne ordinaire, ou sur le tarif du Conseil du roi (4 décembre 1641) qui prise 30 livres seulement un cheval de selle ou de trait ^.

Les achats pour les écuries du Cardinal en 1639, ne s'appliquent pas à des bêtes de luxe, mais h de bons chevaux d'une valeur moyenne. On doit tout d'abord constater que les prix varient peu ; ils sont en général plus élevés pour les chevaux de carrosse que pour les chevaux de selle ; un seul fait exception, c'est celui du carrosse del'évêque de Chalcédoine. Celui-là, le prieur des Roches l'a acheté et payé directement sans doute après l'avoir choisi lui-même, un bon et brave cheval tranquille, d'humeur paisible, qui provient peut-être de la succession d'un de ses confrères, chanoine comme lui à Notre-Dame, ou des écuries de son voisin le loueur de la place Maubert •', un cheval à l'allure sagement ecclésiastique, qui convient aux 72 années du vénérable Richard Smith. En faut-il davantage du reste pour les voyages de l'évêque, qui se bornent soit à aller de Ruel ou du Palais-Cardinal au Faubourg Saint-Antoine au Couvent des Dames Anglaises, soit à monter à pas lents la côte raide de la montagne Sainte-Geneviève, jusqu'à la rue des Fossés Saint- Victor à l'hôtel de Baïf, le bureau de l'Académie des derniers Valois où la communauté va s'installer •"'. Sauf ce cheval (jui a coûté 453 livres, les chevaux de carrosse ont été achetés de 503 à 604 livres.

Quant aux chevaux de selle, leurs prix sont plus variables, plus élevés en général pour ceux que les marchands ont fournis — 320 à 434 livres — que pour ceux qui ont été achetés à des particuliers ; le cheval du Commandeur de Cinq-Mars a été payé, il est vrai, 451 livres, presque aussi cher que le plus beau des premiers, mais son maître est le frère du Grand- Aumônier de son Eminence, et de Roques n'a dû le marchander, pas plus que Nicolas Brunet l'examiner, avec la rigueur consciencieuse qu'ils ont

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