P. Lenet, Mémoires, édit. Michaud, p
4. Avenel, Lettres..., t. V, p. 721 : « Projet de rèjjlomoal pour une académie de gentilshommes ».
r,. Ibid.
332 I.A MAISON m: (^VlUtlNAI. PE RirHELIEr
mettre en pratique tians sa maison, en dirigeant sous ses yeux par l'éducation première vers les Lettres et l'Eglise, une partie de cette élite qui lui est confiée.
Les nouveaux pages de la Grande Ecurie qui n'ont pas passé par la Petite Ecurie, ont généralement quatorze ans environ, comme c'est le cas du jeune de Navailles ' ; voilà l'àg-e accoutumé jiour entrer dans la vie active, âge que fixent tous les auteurs spécialistes de l'époque - et cjue l'on retrouve aux premières lignes de tous les mémoires du temps; de Toiras nourri page depuis l'âge de dix ans chez le liaron de la Vénme, a quatorze ans lorsque la veuve de ce dernier le donne au prince de Condé ' ; de Claireville '' et de Pontis commencent à cet âge leur apprentissage du métier des armes, ce dernier dans le régiment de Bonne ■' ; de Feuquières prend à treize ans le mousquet comme simple fantassin '' ; de Bussy plus précoce encore de même que Pagan ", commande une compagnie de son père dès sa douzième année, avant d'avoir achevé sa physicpie au collège de Clermont, et lorsqu'à la fin de sa première campagne de quelques mois en Lorraine, il entre, pour terminer son éducation, à l'Académie de Benjamin, il n'v peut faire qu'un séjour de huit mois, s'accommodant mal de ce renouveau de discipline scolaire trop rigoureuse ]>our ses jeunes habitudes d'indépendance de la vie des camps î^.
Le service des pages qui est surtout de parade, varie à l'infini suivant les goûts, l'état social et le genre de vie de leur maître : le roman de Gil Blax, bien que du siècle suivant, est la plus fidèle peinture de leurs avatars. Si le page d'Abra de Raconis sert sa messe, et copie ses sermons comme son camarade le fera plus tard chez l'évêque de Salamanque, ceux des officiers les accompagnent à la guerre, font avec eux le coup d'épée et se font quelquefois tuer à leurs côtés ^. A la ville, ils accompagnent leur maître, le précèdent la nuit le flambeau à la main, le suivent à l'église avec un carreau '", ou portent la robe de leur maitresse ". A la table du Cardinal, nous les avons vus debout derrière son
i. Navailles, Mrinnirrs, Paris, 17l)l, p. 4.
2. P. Georges Fournier, TraiclA iIph forti/icatioiix. Paris. IOi'il,|). H'i.
3. Hisl. (In marfschal ile Toir.is, Paris, IfiBfi, liv. I, p. o.
4. De Claireville, L^ méthode française, Paris, 1033, p. 2SV. "). Pontis, Mfiiniiirea, éd. Michaud, p. 449.
0. De Feuquières, Lettres et néi/ociatioiDi. Vie, etc., Paris, 17:;:!, I. I, p. 3.
7. Hébert, Les fortificutionx du comte de l'a(/an, Paris, 1080, p. 4.