‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 315 sur 464 · Ponlis, Mfmoirea, édii. Micliatul, p. bo · texte numérisé non relu

Ponlis, Mfmoirea, édii. Micliatul, p. bo

II. " Il avait soin aussilol que ses Pages avaient alleiiil 1 âge el la force, de leur faire apreudre à monter à clieval, à faire des armes, et tous les autres eNercices qui s'apprennent dans les Académies et avait pour cet effet un Escuyer des plus experts (lu Royaume, un sous-escuyer, un gouverneur des Pages, un maître d'armes, un maître à danser, et un aiilrc pour les malhémati(|ucs, toutes personnes d'élite et qui excelloieutcliacun dans leur profession. " (Wuheiy-, Ilisl. ilu Cm il. ilr Hichelieu, p. filii.)

nous sont restées dans trois projets dinstitution ' et il est hors de doute qu'ils ont inspiré le rèj^lenient qui est en vigueur dans sa propre maison.

Les pai;es couchent deux à deux et six dans une chambre - ; ils se lèvent à six heures depuis Pà{[ues jusqu'à la Toussaint, à six heures et demie le reste de l'année. Ils s'habillent avec modestie, diligence et recueillement pour se rendre au plutôt dans la chapelle, et y entendre, dès le commencement, linstruction qui se fait devant la messe à laquelle ils assistent tous les jours. La messe finie, ils vont déjeuner ; et jusqu'à dîner, les armes ou le manège les occupent alternativement jusqu'à l'heure de la leçon de mathématiques ; après le dîner, deux bonnes heures de récréation, remplies généralement par la paume, une heure à l'étude, et des exercices du corps, ou la voltige, ou la barre, ou la lutte ou la pi([ue ; le souper terminé, récréation et exercices de danse jusqu'à la prière en comnmn qui précède le coucher à dix heures-^.

L'observation du règlement est assurée par leur gouverneur, le S'' de La Porte, le premier des ofliciers de la Grande Ecurie aux appointements de 'i-0(3 livres par an : un gentilhomme certainement, puisqu'il a à commandera de jeunes gentilshommes, de l'une des sept familles nobles de ce nom que l'on retrouve dans dix provinces, peut-être même un parent du commandeur de La Porte delà Meillerayedu Poitou ' ? Si ses appoin-

1. I^e pieiuierde ces deux projels est un règlement d'Académie où il voulait élever vingt gealilshorames i précisémeut le nombre des pages de sa Grande Ecuriei : làge d'admission est de 14 à lo ans, la durée des études de deux ans. i Aubery, Hist. tl it Card. de Richelieu, p. ()1.5-618.)

I,e second, écrit eu 1IJ.3G d'après Avenel Lellres..., t. V, p. 721j, est un projet d'Académie pour 1 .000 gentilshommes, dont 600 destinés pour les armes et 400 pour l'Église ; ces derniers seront reçus ;> 12 ans, nourris et entretenus jusqu'à l'âge de 20 ans; ceux qui seront nourris pour les armes seront reçus à 15 ans et y demeureront 3 ans. Le programme des études fournit avec les données du Compte, niallieureusemenf trop rares et vagues, quelques points de comparaison intéressants.

Le dernier, le document le plus complet, est le plan d'études qui accompagne la déclaration du roi du 20 mai 1640 « portant establissement d'une académie et collège royal en la ville de Richelieu » sous letitrede ' Statuts et règlemens de l'académie et collège royal... » ; l'accès en était prévu <i à la noblesse française et :> tous ceux ([ui s'y pourront présenter... » (J. Caillet, Ue Vadininistralion en France sous le ministère du Cardinal de Richelieu, p. 383 et suiv.).

2. Ce détail est rigoureusement exact pour la maison de Richelieu (C'"^ A.deCramail, Le cliùleau de Richelieu et ses jardins, Fontainebleau, 1888, p. 7. Pièces du château d'après l'inventaire à la mort du Cardinal .

3. Règlemens pour les Pages [Mémoires de Mgr le prince de Contij touchant la conduite de sa maison, Paris, 1667, p. 177 et suiv.).

4. Armand de La Porte, Ilist. généalogique des familles n<il)les du nom de La Porte, Poitiers, 1882.

)?3() LA MAISON DU CAlUiINAL 1)1-: RICHELlEl

lements sont faibles pour un directeur d" Académie, il trouve le moyen d'y suppléer par la contribution de bienvenue qu'il lève sur ses nouveaux élèves, de par un abus traditionnel sur lecjuel le C^ardinal ferme les yeux triial)itude, mais ([u il réprime vertement à 1 occasion, lorsqu'il a pour victime un de ses prott'i;és peu fortuné.

De La Porte est ;i l'aise, ;i la tête de son bataillon de jeunes nobles qu il n'est pas embarrassé pour diriger, avec sa vieille expérience professionnelle ; n'a-t-il pas été le gouverneur des quarante-deux pages du duc de Mavenue. Henri de Lorraine? Et il est rompu au cérémonial de sa charge, car ainsi qu'il se plaît à le rappeler, il a conduit cette brillante Académie dans le train de la fameuse ambassade extraordinaire qui est allée en IG12 à Madrid pour y signer le contrat de mariage du roi et de l'Infante ' et le jour de la cérémonie, il a ouvert le cortège à la tête de vingt-deux de ses pages de meilleure mine, superbement vêtus de velours rouge cramoisi ■'.

La courte liste des maîtres qui suivent le gouverneur synthétise la formule d'i'ducation de la noble.sse : le maitre d'escrime, puis le maître de ilanse et finalement le maître de mathématiques, le premier avec (iOO, les deux autres avec iOO livres d'appointements ^. Les armes d'abord, car c'est la seide profession du gentilhomme pour lequel « il n'y en a point de plus honeste. ny de plus essentielle ; il y doit estre adroit et ardent et s'y attacher comme à une chose de laquelle il doit faire son ordinaire exercice • »... « Comme un homme de qualité est particulièrement obligé de servir son prince dans les armées, il est certain qu'il ne sçauroit trop s'adonner aux choses qui regardent un métier si noble'»... « La noblesse porte l'épée comme estant l'instrument de son métier qui est d'estre toujours preste au service du Prince '^ »... « Nestre pas bien à cheval, et ne scavoir pas faire des armes, ce luy est non seulement im notable desavantage, mais encore une ignorance honteuse, puisque c'est ignorer les principes essentiels de son mestier'. »

I. .Vnuaud Bascliot, /.'' rui c/icz la reine, l^aris, 18lii, p. I:.'7.

i. Il,i>/.. |i. \M.

ii. Ku 102.'), do Suiul-Suria lecliorclio un précepteur pour son neveu, ;i{fo tic 11 ans, <■ quelque honneste homme... plus sage ((uc sçavant el plus pralic aux bonnes niii'urs el au coTnnicrce du monde que des livres. 11 sera nourry el servi ; t-L outre cela ou lui donnera contoscus d'apoinlemenl tous les ans. » P. Korlin de Lalloguelle, Lettres inédites l'famizey de Larroque), La Rochelle, 1888, p. 40.

•i. Faret, L' honneste homme, Paris, 1630, p. 15.

î). De Chalesme, V homme de qualité, Paris, 1071, p. 214.

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