‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 316 sur 464 · Faret, L'Iwnnesle homme, Paris, 10:iO · texte numérisé non relu

Faret, L'Iwnnesle homme, Paris, 10:iO

Aussi le II tirage des armes », ce « vraïf lumjc des hommes » comme 1 appelle dans son indignation, le prédicateur du roi, le P, Binet', figure-til en première ligne, avant le maître de danse et celui de mathématiques, avec le nom de Bourdon, le maître d'escrime, appointé à 600 livres, 200 de plus cpie le gouverneur et les autres maîtres. Bourdon est sans doute un élève du célèbre du Perche -, avec son ami Renard, le maître fameux qui exerce à Paris depuis une douzaine d'années et « fait presque tous les maistres qui sont estimez-' >i. C'est lui ([ui inculque aux jeunes pages les quatre postures d'où dépendent toutes sortes de gardes *, et les initie aux passes, voltes, demi-voltes, au saisissement d'épée et de corps, aux subtilités des feintes et de la quarte, à la parade en forme de cercle ; il ne leur montre qu'en passant et par curiosité <( la flanconnade et l'estramasson à l'espagnol » qui sont maintenant abandonnés •', car l'on ne connaît plus dans la salle de l'Académie du Cardinal, comme dans toutes celles de Paris, que l'estocade et la pointe, les bases du jeu sobre qui deviendra le jeu classique français avec les enseignements de La Touche '' et de Liancour.

Quarante ans plus tard, les temps auront singulièrement changé ; de Caillières, plus pratique, comparera » les deux voyes qui mènent à la Fortune, suivre la guerre ou s'attacher à la personne du Prince » et apprendra à ses jeunes lecteurs que « la plus courte est d'entrer dans les plaisirs de son maistre '• ».

En 1718, l'évolution dans les idées sera un fait accompli ; à l'Etat des maîtres des pages de la Chambre pour cette année, le maître des mathématiques est nommé le premier, et suivi du maître en fait d'armes, et du maître à danser ^ ; il en est de même au collège des pages de la Grande ^ et de la Petite Ecurie'" ; et pour celle-ci, la seule pour laquelle l'Etat de la France donne ce détail, les appointements des trois maîtres sont les mêmes.

1. René P'rançois, Essay des merveilles de nature, Roikmi, 1022, p. 144,

2. Amelot de la lloussaye, Mémoires, La Haye, 1637, t. III, p, 113.

3. De Liancour, Le maistre d'armes avec l'exercice de l'espée seule, Paris, 11586, p. 70.

4. Du Praissac, Du jeu d'escrime. Lesquestions militaires. [Les discours militaires, Paris, 1623, p. 104).

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