Ibid., p
3. P. Anselme, Le Palais de l'honneur, Paris, 1(')G3, p. î).")0.
3o8 I.A MAISON lir ('VnDINAI. PK RICHELIKI"
Là encore le Cardinal acquitte une dette, cette fois une dette de sang : le grand-oncle de son pai^e, le chevalier Celse-Bénigne Rabutin, baron de Chantai, commandant 1 escadron des gentilshommes volontaires, a été tué dans une action sanglante, après des prodiges de valeur et de la main de Cromwell, dit-on ', lors de la descente des Anglais dans l'île de Ré en 1627 ; et sa grand'tanle, Fran(,'oise de Rabutin, a épousé Jean de Toulongeon, ancien gouverneur de Pignerol, mort en 1633. Gu}' Léonor de Raljutin, le page de Richelieu, est le cinquième fils de Léonor de Rabutin. mcstre de camp d'un r('giment d'infanterie de douze compagnies créé pour la répression des Huguenots en Languedoc -, son père l'a confié tout enfant à son oncle et parrain aussi sans doute, Guy de Rabutin, général de l'Ordre du Val-des-Choux en Bourgogne, qui a mis sur sa tête « son temps, son travail, et son épargne ' » ; il est sans doute destiné à l'Eglise, car il " a la taille un peu gastée, et n'est pas naturellement sain '' ». En l'acceptant dans sa maison, le Cardinal a-t-il cédé aux sollicitations d'un autre de s?s oncles, Hugues de Ral)utin, chevalier de Malte devenu Grand-Prieur de France? A-t-il pris en considération les services de son père au siège de La Rochelle, la grande époque où il a joué sa fortune avec celle de la France ? Toujours est-il que l'ancien page conservait de l'influence auprès de son premier maitre, puisque, en !6i I , deux ans après sa sortie de la maison, il pouvait obtenir de Richelieu, malgré l'inimitié de des Noyers, après quinze jours de résidence à Ruel, il est vrai, l'élargissement de son frère enfermé à la Rastille à la suite de désordres commis par son régiment à Moulins ■'.
Si Guy-Léonor n'était pas un des brillants élèves de Favier, il avait du courage et ne manquait pas d'esprit ; son frère l'appréciait certainement pour ses deux (jualités, car il lui faisait partager .ses aventures, l'enlèvement de M'"" de Miraniion, où il ne voulut pas suivre son conseil de la renvoyer devant sa résistance inattendue '', et plus tard, sous la Fronde en 1649, cette folle équipée de rentrée dans Paris, au milieu de l'émeute, où ils faillirent être assommés.
Ce fut la dernière de l'ancien page du Cardinal ; il lui survécut peu de temps, à la suite peut-être des coups reçus dans cette échauffourée ; car
1. \\)\)C' Ém. Bou-;\u-l, ///.s/. :li- s.iinlc Cli.in/nl. Paris, 1870, t. Il, p. «H.