‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 345 sur 464 · L. s. |)ar Louis Xlll, mil. Pécurd, Paris, 1S73, p. o · texte numérisé non relu

L. s. |)ar Louis Xlll, mil. Pécurd, Paris, 1S73, p. o

i. P. Uaiiii'l, Iliat. ilo lu milice française, Paris, 1721, t. II, p. 100.

de Mathieu de Mor<Tues, la meilleure source à laquelle (ni puisse recourir, chaque foisqu'il s'agit d'un point irritant pour le roi, qu'il avait intérêt à sijjfnaler. afin d'envenimer une blessure d'amour-propre causée par le Cardinal. I.';dIu>ion ([u'il y taisait était transparente ; il reprochait ;i Louis Xlll " dont la personne est abandonnée» de soulVrir que le Cardinal « prenne toutes les marques de la royauté, et qu'il ait en plus de ses Compagnies qui le gardent » plus de cent gentilshommes payés aux dépens du roy qui mareiient devant lui ' ». Ailleurs, il revient sur ces gardes plus nonilireux que ceux du roi et « mieux couverts que les archers appelez de la manche -' ».

Il est peu de mots (jui ne portent dans les pam])hlets de Mathieu de Morgues, et ceux-là en disent longs, parla particularité qu'ils soulignent, étant donné le goût passionné du roi pour les choses militaires, joint à son caractère ombrageux et jaloux d'autorité. Richelieu ne l'ignorait pas, et llattait adroitement sa manie sur ce point; le contraste n'en est par suite que plus frappant entre la hâte avec laquelle, en lG3i, dès la création delà Compagnie de Mousquetaires autorisée par le roi, il lui en soumettait le règlement, et le soin avec lequel il évitait de lui parler de cette première Garde à cheval.

Vis-à-vis des tiers même, le Cardinal observe aussi soigneusement cette nuance ; en 1033, Louis XIII lui donnait le commandement d'un certain nombre de régiments', et en 163o, il lui accordait une commission pour lever un régiment de mousquetaires à cheval français ', sans doute ces deux mille dragons que Campion signalait cette même année comme vêtus de casaques aux couleurs du Cardinal et allant renforcer I armée du maréchal de La Force campée dans les ^'osges à Lunéville^; le Cardinal qui en était ainsi colonel, pourvoyait aux charges. Or, dans la nombreuse correspondance ayant trait à ces régiments, il ne parle jamais d'eux sans indiquer qu'il les doit à la faveur du roi, » qu'il plait

1. Le Génie démasqué [1632], (Recueil de pièces pour lu défense de la rciiieinère..., .Vnvers, 1643, p. a].

~. AdvertissemenI de Xicocléon à Cléonvilte ^ 1632 , [Dicerses pièces pour la défense de la reine-mère..., Anvers, 1037, p. 421). — De Morgues signale ailleurs, évidemment avec toute intention, une erreur de Scipion Dupleix qui semble voulue, sur la création de la Garde, erreur du même genre que celle d'Aubery : " L'Historien dit que le Roy ordonna à Xanles des Gardes pour la sûreté du Cardinal de Richelieu, mais ils les avoit devant le voyage. » Lumières jiour ihisloire de France Recueil de pièces pour la défense, etc., Anvers, 1643, p. 83).

3. L. s. par Louis XIII (14 fév. 1633), coll. Pécard, 1873, p. 76.

4. Avencl, Lettres..., t. V, p. 120 (30 juillet 1635), note, o. Campion, Mémoires, Paris, 1857, p. 33.

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au roi qu'il ait ' >i,« qu'il a j)lu au roi de mettre sous son nom -' n. Pour sa Garde au contraire, soit qu'il contie à quelques-uns de ses otliciers des missions, même au nom du roi ■', ce qui est rare, soit que dans une circonstance critique, il offre comme appoint celte force aux troupes rég'ulières *, l'on ne trouvera jamais cette mention sous sa plume, comme s'il voulait allirmer le caractère exclusivement personnel de ce corps, et sa situation indépendante de tout autre autorité que la sienne.

L'on peut, il est vrai, expliquer ce silence par un désir de sa part de prévenir tout conflit avec le roi sur un sujet aussi délicat ; mais cette explication même viendrait encore corroborer ce que nous avons dit des circonstances ambiguës dans lesquelles a eu lieu la constitution de la Garde à cheval ; aussi, est-il fort vraisemblable d'admettre que si LouisXIll supprimait les deux anciennes et fameuses compagnies de Gentilshommes, c'était, en partie tout au moins, par le dépit de les voir éclipsés en bonne tenue et en discipline par la nouvelle compagnie des Gardes de son ministre, peut-être aussi par le dépit d'y constater des désertions en faveur de celle-ci.

La Compagnie de la Garde à cheval est le corps d'élite de la Maison militaire; au Compte, du reste, elle seule porte le nom de Garde, à l'exclusion de la deuxième compagnie appelée seulement « la Compagnie des mousquetaires » et qui n'occupe que le second rang '.

Cette prééminence vient aussi de ce qu'elle est une conqjagnie de cavalerie, une troupe de « maîtres », le terme sous lecjuel on ilésigne alors les cavaliers, de beaucoup supérieurs aux hommes de pied, dans la hiérarchie sociale de ce « siècle de fer » encore tout imprégné des idées féodales. Ali>rs ([ue la rançon d'un capitaine est fixée à (SO pistoles pour la cavalerie, elle est de 60 seulement pour l'infanterie ''. L'un des plus grands capitaines du temps, « ayant toute sa vie fait la guerre », et qui « bien que n'ayant point de lettres, a cependant fait voir qu'il savait quelque chose " », le duc de lîolian. nous en donne la raison; il recom-

1. .\venel, Lcllrcs.... t. V, |i. 121,1'"' iiuirs Ifi.'UV ; p. i.'lT niilii'U do IG.'iG); p. 489 (22 juin 1636).

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