Ihid., t. VII, p
5. Les -Mémoires du temps donnent indifrérenimcnl le nom du Gardes aux deux Compapnies; il en est résulté une confusion continuelle entre les officiers des différents corps.
0. Elle est uniformément de six pistoles pour les autres officiers et de deux |)istoles et demie pour les soldats indistinctement. Articlps arrrli-s pour l'échant/e et la rançon des i>risonniers du combat de Thionville. (Aubery, Mém., t. IV, p. 207-208).
T. Tallemant, llisl., t. 111, p, 70.
mande plus spécialement la disciplùn' aux chefs de cavalerie, car « c'est là, dit-il, où se rencontrent plus île h personnes riches et de bonne maison, et par conséquent plus dit'licilcs à faire obéir ' ". Un demi-siècle avant. Machiavel avait osé dire, dans une vision projihétique de l'avenir, que <• le Royaume où la Cavalerie sera plus estimée que l'Infanterie sera toujours faible et exposé en ruine ». Il faut voir avec quel superbe dédain l'un de ses commentateurs et contemporains, un homme de robe Iony;ue et qui manie la plume cependant, traitera pareille billevesée'-; et Melliet lui-même, avec son grand sens pratique, condjattra l'opinion du llorentin par des arguments techniques '. malgré l'autorité du duc de Rohan qui appelle l'infanterie >< le corps le plus solide d'une armée ^ » et n'v admet la cavalerie que dans la proportion de un quart ou un cinquième suivant qu'elle comijat en pays ouvert ou en pays serré ■'.
De Heauplan fut le premier capitaine de la Compagnie des gardes à cheval : il occupait encore ces fonctions le 24 juin 1628 '\ au camp de la Rochelle. Quehpie temps avant cette date, le P. Joseph venait proposer à de Ponlis, de la pari de Uichclieu. de remplacer éventuellement cet
t. Henri de Fiohan, Le Parfaict Capitaine, Paris, 1638, p. 338.
2. Discours il'estal... contre \icolas Macliiavel, florentin, Leyde, 1619, p. jiO.
3. Melliet, Discours politiques et militaires sur Tacite, 1619, p. 701.
4. Henri de Rolian, Le Parfaict Capitaine. Paris, 1638, p. 341.
0. Ihid., p. 232. La démarcation entre les deux corps s'accentuera encore avec le temps, par un phénomène de réaction en apparence bizarre au premier abord, parce qu'il marque un retour en arrière vers l'esprit féodal, mais qui s'explique parla dérivation normale et réglée de la noblesse vers les armées régulières où elle tend à la prépondérance; vingt ans plus tard, alors que la rançon d'un brigadier de cavalerie est de 500 livres, celle d'un colonel d'infanterie n'est que de 400 livres ; 180 livres pour un capitaine de cavalerie, l.'iO pour le même officier dans l'infanterie. La difTérence sera encore plus forte pour les grades inférieurs qui, en 1640, sont encore confondus : un cornette vaudra 60 livres, un enseigne 43, un cavalier 22 livres 10 sols, un soldat 7 livres 10 sols, i Règleniens et ordonnances du roy pour les gens de guerre. Paris, 1681, I. II. p. L">. — Traité d'échange et de rançon des prisonniers de guerre... conclu et arrêté le 19 janrier IGGH.) C'est l'époque on Louis XIV, qui a hérité des goûts bclli(|ueux de son père, n'est pas encore mûri par l'expérience; il écrit encore alors de sa propre main les états de cavalei'ie et les levées de cette arme, tandis que pour l'infanterie, il laisse ce soin à ses secrétaires, sur ces petites feuilles qu'il porte sur lui pliées en quatre, avant de les jeter dans les tiroirs de son cabinet d'ébène. (Alexis Monteil, Traité des matériaux manuscrits, Paris, 1836, 1. I, p. 73. i
6. Bassompierre, Mémoires, éd. Michaud, p. 282. — 11 semblerait qu'au siège de La Rochelle, au début tout au moins, celte garde du Cardinal ne fut pas officielle, d'après le renseignement suivant que nous lelevons dans Puységur : « On lui donnait (au siège de La Rochelle) une Compagnie des Gardes où le capitaine entrait en garde ; l'on y portait le drapeau, mais on ne battait pas aux champs quand ilsoilait. ".yém., Paris, 1747, l. II, p. 70.
La M.ilSOX DU C.\RDIN.\L DE RiCIlL'LlEU. 34
officier alors atteint d une grave maladie dont il mourut pendant le siège. Le Cardinal, lui disait-il, veut « des officiers qui lui soient fidèles, et qui ne soient qu'à lui sans exception et sans réserve. 11 ne veut point de ceux qui servent à deux maîtres, sachant bien qu'il ne peut se trouver de fidélité en eux. 11 est si rare, ajoutait le capucin, de trouver des hommes de cette trempe que, s'il fallait les acheter. Monsieur le Cardinal les achèterait au poids de l'or ' o.
De Poiitls allait plus loin (jue le P. Joseph pour expliquer la fidélité que le Cardinal exigeait des siens ; i> Il voulait que ses officiers le considérassent comme leur souverain, et i[ue dans les changements et les troul)les de la Cour, ils fussent toujours pour lui envers et contre tous sans exception. C'est la condition principale sous laquelle il leur faisait entendre qu'il les prenait à son service -. »
Cette préoccupation de Richelieu, (jui raye en obsession, a une cause intime qui explique l'importance attachée par lui ii sa Maison militaire, et qui donne la clef à la fois de ses précautions j)i)ur tout ce qui touche à sa sûreté personnelle, et aussi de ses terreurs maladives qu'on lui a reprochées injustement. V.n KilT. le '2'A avril, il arrive dans son carrosse au milieu du l'ont-\euf, en allant rendre visite au nonce Ubaldini, au moment même où la fureur populaire s'exerce sur le cadavre du maréchal d Ancre ; son carrosse est arrêté au milieu de la foule déchainée, acharnée à son u'uvre de vengeance, sous la potence où le corps de l'ancien favori, son protecteur et ami delà veille, est accroché par les pieds, aux hurlements joyeusement sinistres de la populace, après avoir été traîné par les rues ; de sa banquette, il est obligé d'assister impuissant à la scène de déchiquetage « de ce corps tout pendu sur lequel le peuple se rue, les uns à coups de poing, les autres à coups de basions, de couteaux, de poigards et d'espées, d'autres lui crevant les yeux, d'autres lui coupant le nez et les oreilles et autres parties de son corps ■' ». Témoin forcé de cette scène iiideuse, il ne doit lui-même son salut qu'à sa présence d'esprit, en criant et faisant crier par son cocher: « Vive le roi », pour éviter d'être reconnu comme un partisan du maréchal, et de subir le même sort; peutêtre même a-t-il, lui aussi, jeté ([uehjues sols dans le chapeau que le laquais, qui vient de faire l'office de bourreau d'un cadavre, tend comme à l'offrande à l'assistance forcenée...
i. Pontis, Mémoires, éd. Miehaud, p. •)20.