Avenel, Lettres. ... t. VI, p. 63 17 juillet
37fi LA -MAISON lU" CAHDINAI. TlF RlCHKr.lEU
ans h celle de la Compagnie des Gardes, était entourée de circonstances moins mystérieuses que celle-ci, elle était due à des causes analo^fues ; comme à l'époque de la conjuration de Clialais, le roi était ému jiar les complots d'Alpheston, et de lîlaise lîousset. dil liaron de ('liavaiji'nac, dirigés contre la vie de son ministre ; les intrigues du P. Chant^'loulie, la résistance de la reine-mère ;i le livrer, ainsi que Mathieu de Morgues, et Fabrony. cet astrologue italien qui avait fait courir des prédictions sur la mort du roi, la recrudescence des pamphlets contre le Cardinal, avaient provo(]ué eu faveur de ce dernier une plus vive sollicitude de la part de Louis XIII ; il s'y joignait, en plus, sa joie de la conclusion du traité de Charmes qui était un acheminement vers la conquête pacifique de la Lorraine '. Aussi, la lui manifestait-il avec passion, en le prémunissant par ses conseils contre les dangers qu'il courait '-, et à la fin de mars IG'14, il lui accordait, pour sa garde personnelle, une Compagnie de mousquetaires à pied; il allait même jusqu'à « vouloir en faire lui-même le choix parmi quantité de supernunn'raires, cpii se présentaient en foule pour y être reçus •' ». Dans ces conditions, la Compagnie devait être rapidement constituée; le Cardinal en dressait vite le règlement et le soumettait au roi qui lui répondait le 29 avril, en donnant son approbation complète ''.
La Gazette du 8 avril avait déjà annoncé au public la nomination de François Ogier, sieur de Cavoys, au commandement de la nouvelle Compagnie.
Le nouveau capitaine était un gentilhomme de Picardie, « peu accommodé, mais de beaucoup de cœur », qui avait épousé le 16 septembre 1625 Madame de La Croix, jeune veuve sans enfants, jolie, spirituelle et assez riche, fille de Guillaume de l'Or, sieur de Serignan, gentilhomme de qualité du Languedoc, qui était, en ItîSi), gouverneur de Salses, et devint plus lard maréchal de camp en Catalogne.
<' De Cavoys estoit à M. de Montmorency 'quand il devint amoureux de sa femme. » Tallemant raconte comment à l'occasion d'un duel, il la toucha et obtint sa main ; leur ail'ection était réciproque, n Jamais femme n'a plus aimé son mari » ajoute le grand railleur et médisant (pii
1. P. Gi-iiret, //(S/, du rrijni- lie l.uiiix XlII. I. li, p. tr)0 et siiiv.
2. Marins Topin, Louis XIII cl Hirludiru, l.ollres inéd. (23 mars 1635-), p. 183.