‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 356 sur 464 · Tallemant, Hist., t. IV, p. lr · texte numérisé non relu

Tallemant, Hist., t. IV, p. lr

2. Et. .\Igay de Martignac, Mém. de feu V. le duc d'Orléans, Amsterdam, 1685, p. 206.

:i. Tallemant, Hisf., t. II, p. 2*2. — .\melol de la Houssaye, Mém. hist., La Haye, 1737, t. III, p. 11.'!}.

i. .Vmelot de la Houssaye, Mém. hist., La Haye. 17.iT, t. 111. p. 114. y. 1627.

378 I.A MAISI1N DU CAnilINAL ni", lUr.IUI.IKU

capitaine ;ni niôine régiment, pour f:iire appeler Cavoys; le Cardinal averti, faisait arrêter les deux provocateurs, et conduire au Fort l'F.vêque '.

L'allVction tjue le Cardinal lui portait, ainsi (ju"à sa femme, dont il aimait les saillies, assaisonnées de l'accent lang'uedocien -, ne lui évitaient pas les colèi-es terribles du maître; « il reçut un jour un soufflet du Cardinal pour avoir changé un ordre, ce cpii était yrave pour un capitaine des i;ardes ; il avait tort, il est vrai : à quelques jours de là, il luy en demanda pardon ' ».

Sandras de Courtil/ a pris lune de ces dlsg^râces temporaires pour sujet d'une amusante anecdote: la spirituelle et charmeuse M""' de Cavoys faisant luetlre le capitaine au lit à la suite dune scène de ce genre, avec la comédie dune maladie mortelle rendue plus vraisemblable par lalfolenienl d'un médecin crédule qui annonce la lin [M-oehaine de son pseudomalade : la visite au Cardinal en habits de deuil; l'ennui de ce dernier à la perspective d'une scène de récriminations et de douleur, qu'il essaie de conjurer par l'assurance d'un renouveau de faveur et d'amitié ; — et son éclat de rire de beau joueur ilupé en appreuiuit alors seulement que ce deuil n'est pas celui d'un époux iiien-aimé mais un témoinfnaeje d'affliction pour la perte de la faveur du maître ^.

En 1(JH!>, le capitaine de Cavoys habite dans la rue des Bons-Enfants, à coté du Palais-Cardinal, l'une des nécessités de sa charg'e : c'est là qu au retour (le cliiupie voyajj;'e, il retrouve un intérieur jj-ai et riant, oii l'attend une femme aimable et parée, toujours le sourire aux lèvres, « tout comme si le sacrement n'y eut point passé » ; hardie et libre avec cela, comme seule une très honnête femme peut se le permettre, ayant autant de tète (pie de cœur, et prenant pour die tout le souci du ménage. Bien que coupés quelquefois par des missions de sou maître qui le ramenaient par intervalles à Paris, les voyages du « capitaine des mousquetons ■' >>, son titre familier, étaient longs et fréquents. [)uis(pi'il accompagnait toujours le Cardinal : on pourrait les compter par le nombre d enfants (pli I attendaient au logis; il y en avait eu douze. L année de notre Compte, non moins favorisée que les autres, vit à la fois un baptême et une naissance ; deux fils, Eustache, baptisé le liS février à l'église de ce

1. niiss\ Rahiilin,.1/»'moi>c,'î, Paris, 1712, t. III, p. :58.

2. Mf^m. de M. rie Bout/, npcr^taire de M(jr le Caril. de Hichelieii, Amsk'cdain, 17tl , I" partie, p. 287.

.3. Tallenianl, Hisl.. t. II, p. 26.

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