Mémoires de M. d'Arlugnan, Cologne, 1700, p. 36 à
I). Jal, Dirl. cril. Cavoys.
LA MAISON Ain.ITAIRK STO
nom, et Louis qui soutint brillanmient ! honneur du n<ini sous le replie suivant, épousa Louise de Coëtlo^on. fille d'honneur de hi reine Marie- Tliérèse, et devint maréchal de camp, puis Grand-maréchal des logis de Louis Xn' en 1(177 '.
M""' de Cavoys n'était pas moins Femme tle ressources dans la vie réelle que dans le roman, et si elle savait tirer son mari d'im mauvais pas, elle était tout aussi ingénieuse pour aug-menter les revenus dv la maison. Par son mari, elle a connu Souscarrière, un aventurier réj)andu dans les jeux de paume et dans les salles d'armes, qui bat monnaie par sa bonne mine, par son adresse, et aussi par son extraction, car liien que né tlans une pâtisserie de la rue Saint-André-des-Arcs, il se réclame du sang du duc de Bellegarde dont il linira par acheter le nom en se faisant reconnaître un jour par \v prêt d luie somme de cinquante mille écus. Souscarrière revient d'Angleterre ; il y a vu ime entreprise de chaises de louage couvertes et fermées, introduites en ce pays par Buckingham en 1619 '■ ; ce mode de locomotion fonctionne à Paris, mais sans un pareil confort; les chaises sont de simples sièges en bois non couverts. Souscarrière donnait l'idée. M""" Cavoys son nom et ses relations : l'accord se fît vite, elle 13 mars Kî-'i!), près d'un mois après le liaptème du petit Eustache, dans le berceau duquel le Cardinal voulut peut-être déposer ce souvenir •% les deux associés obtenaient en leur nom la continuation du privilège existant, déjà accordé en 1(117 aux sieurs Pierre Petit. " capitaine des guides des camps et armées du roy », Jean Renault d'Ezanville et Jean Douet ^; le privilège enregistré le 31 mars suivant était de iO ans et s'étendait à toutes les villes du royaume. .\vec son esprit d'intrigue, Souscarrière, « un maître pippeur ", était bien l'honuiie à lancer celte nouveauté. « Pour faire valoir ses chaises, il n'alloit plus autrement, et durant un an, on ne \(iyoit plus que luy par les rues afin qu'on vist que cette voiture estoit commode. » La spéculation était bonne; « chaque chaise lui rendait toutes les sepmaines cent solz ; il est vrai qu'il fournit de chaises : mais les porteurs sont obligez de payer celles qu'ils rompent •'' ».
1. Il mourut 11- 3 l'évriei' 1710. Sa uière était uiorle .subitement en juillet 1665.
2. R. de Ci-èvecTeur, Un personn-iije île Tallema.nl des R^aux : MontbrunSouscarrière d'après des documents inédits ,.1/pm. de l'Ilist. de la Ville de Paris, 1880, t. XVI, p. 83 et suiv.).
3. Richelieu recommandait chaudement au roi le beau-frère de Cavoys pour un petit bénéfice vacant, le 18 septembre 163'). .\venel. Lettres..., t. V, p. 938.
4. Cimber et Danjou, Arch. curieuses, Paris, 1838, ï"^ série, t. Il, p. 47. ij. Tallemaut, Hist., t. IV, p. 265.
3Sfl LA MAISON lir CAIilllNAÎ. Ill: RICIIKLIEU
Cavov.s ne jouil pas liinj;U'm[>s du fruit de l'industrii; de sa l'eninie ; car deux ans après, il mourait le 17 septembre Kill de la blessure qu'il avait reçue devant Hapanme '.
En plus dueapitaine. la ('.ompaf;nie de Mousquetaires comprend comme ofTiciers. un lieiilenant. un enseifi;-ae et (piatre sergents ' : à l'inverse de ce que nous avons \u jxnir la compagnie des Gardes, leurs noms sont moins connus, et nous en dirons plus loin la raison.
.Vu testament du Cardinal, l'on trouve trois noms : le s' de Marsal, le s' d'.Vppel voisin et Genillé -, qui par analogie avec la désignation des oITiciers de la Garde, semblent bien être ceux du lieutenant, de l'enseigne et du premier sergent''; en l(i'i-2, Richelieu confiait à de Mursal une mission parallèlement à de Manse, le lieutenant de sa Garde ^, et il est à ])résuuier qu'il choisissait pour cela deux officiers de même grade. Antoine d'Appelvoisin est du reste aiipelé " Enseigne des gardes du Cardinal de Richelieu ■• » non seulement dans les généalogies portées généralement à pêcher par excès de titres, mais dans la Gazette '^ ; c'est le seul qui nous soit bien connu. Il était le neveu de Beauvau, l'évêque de Nantes, un ami du Cardinal, par sa mère .Vnne de Beauveau, seconde femme d'.Vntoine d'Appelvoisin, seigneur de la Chasteigneraye en Touraine. Plus (jue les autres officiers, à cause de son oncle, sans doute, il était des familiers du Cardinal, car nous le trouvons mêlé à son entourage intime dans des incidents tels cpie celui du fils de Saint-Georges " et cet autre (pii provoi[ua la disgrâce de Bois-Robert dont il était l'ennemi'*.
1. i< .\ l:i mort itu ciipitniiii'. s:i veuve, ii'.iynul |ias ['éiissi h céiti'i- la iiiollir cpii lui revenait clans le privilège el qu'elte estimait ii ,30.000 livres, en céda en 1044 une portion â Mtmthrun qui devint ainsi propriétaire des deux tiers de l'alTaire. Le monopole expirait en 11)71. Pour éviter d'être partie au procès intenté par les créanciers de Montlirun à sa succession ouverte par son décès le o novembre 1670, les (^avoye, dès le M décembre suivant, avaient prudemment l'ait une cession fictive à Gabriel Pailhado, le fermier des ebaises. Mais ils n'avaient jjas tardé à reprendre leurs droits. Dès l(i7!>. Louis d'Ogier, nnirquis de Cavoys (dont nous avons sij^nalé la naissance en 1639) se mit en mesure ilr l'aire renouveler le privilège à son profit exclusif; il oblinl à cet ell'et des UHtres patentes en date du H mars 107"). » (R. deCrèvecœur, Un personninje ilo Tnllcininl des lU-aiix : Monlljrun-Sousc:irrif>re, p. 101.)