liemoiistrance de Calun llhrestien, 1631, in-4°, p
2. Tres-liumhle, Ires-veritable et tres-imporlante Beinonstraiice au rtoy, 1031, in-l", p. 123.
3. On lit dans l'édition originale de 1' « AdrerlissemenI de \iocleon :i Cleoiicille sur son advertissenienl aux provinces ", 1632, in-4<' (p. 96j : « ...Grands elTecls du mespris de la vanité du monde en un homme, qui a des devises qui bravent les Papes, les Empereurs et les Roys ; ... rjui a plus de gardes et mieux couvers que le Roy... »
MATIIIEI" DK MORGUES 43
On voit quel adversaire redoutal)le et puissamment armé le Cardinal rencontrait devant lui dès l'année 1(131 ; il ne s'v trompait point et sentait, avec le péril, la nécessité de la riposte.
Certes, Richelieu avait assez de force de caractère pour sacrilier à son intérêt, s'il l'eût exig-é, un mouvement d'amour-propre même cruellement atteint ; son orgueil et le souci qu'il avait de l'opinion de la postérité furent peut-être pour une part dans la guerre de plume qu'il entreprit, mais cette part ne fut certainement que bien faible ; la portée de la manœuvre de Saint-Germain et le but de sa tactiipie nous donnent à la fois le secret des préoccupations qui guidèrent le Cardinal dans celte polémique ininterrompue et aussi de l'irritation profonde que lui causaient ces pamphlets '.
De Morgues, du reste, est le seul auquel il ait répondu, et celte remarque précise à elle seule l'importance de cette lutte. La Milliade, « cet escrit qui le fit le plus enrager depuis cela », cette satire " où il n'y a que du feu '-' )> et qui est naïvement méchante, dut singulièrement moins émouvoir Richelieu que ces factums savants qui, tout en le blessant au vif dans le plus intime de son être, lui étaient ini danger continuel.
Les réponses que Richelieu jugeait indispensables ne pouvaient être que des justifications personnelles, mais il lui était interdit de les présenter sous cette dernière forme qui aurait accusé le véritable sens des pamphlets de son adversaire, et en aurait rehaussé la valeur, en l'amoindrissant lui-même ; aussi s'est-il ingénié à donner aux factums venant de lui le caractère de libelles obscurs non avoués et impersonnels, les faisant répandre subrepticement, sans nom d'auteur ', ni même d'imprimeur, comme s'ils étaient destinés, non pas à Saint-Germain, mais au public,
Ce passage présente une varianU" onrieuse dans l"édition de 1637 « Diverses pièces
pour la défense de lu Royiie mère... .1, t. I, p. 421 : <• ijui a plus de ijardes que le
Jioy et mieux couverts que les archers appeliez de la manche... »
luette allusion à la simplicité exagérée du roi dans son ajustement oïdinnirc lui sans doute présentée à ce dernier comme injurieuse et jugée par lui comme telle ; elle était motivée, à en juger par la gravure d'un pamplilet postérieur que nous avons cité : CI La voix gémissante du peuple chreslien cl catholique... ■>, Paris, 1640 (p. 127). Louis XIII y est représenté dans un costume des moins luxueux, reconnaissable seulement à son Ordre et îi sa tète couverte; il est ligure deljout à côté d'un courtisan, qui, le chapeau à la main, lui montre du doigt le corps du roi de Suède étendu sur son lit de parade.