Tallemaul, Ilisl., l. 11, p. jU
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liers de Malte, et ny admet que des Giiscuiis comme lui ' ; mais tout au moins les choisit-il lui-même, alin qu'ils dépendent entièrement de lui -, sans laisser, suivant l'usage, ce soin au capitaine.
Le Maslo est chargé du rcciutenioiil : il n'agrée les candidats qu'après un examen minutieux, pour s'assurer de leur fidélité, s'ils sont toutefois présentés par un parrain connu ' ; encore faut-il de plus (ju'ils aient 2;J ans passés et qu'ils aient porté les armes au moins trois ans, dans l'infaiikM-ie, à moins qu'ils ne soient i^onlilshommes *. Si Richelieu affectionne ses gardes et se préoccupe de leur santé •', il tient en retour à être aimé d'eux ; aussi leur accorde-t-il certaines faveurs enviées ; ils ont leurs entrées libres à la Cométlie '', où ils molestent assez volontiers quicontiue a eu le maliieur de leur liéplaire, ou de dire un mut malséant sur leur conqite. De leur côté, ils portent à leur maître une affection jalouse ; on connaît leur rivalité avec les mousquetaires du roi, les querelles épousées par leurs maîtres, et les rencontres fréquentes quelles provoquent, sujet d'un des romans les plus curieux de l'époque et du plus populaire du siècle dernier. En 10t2, ils revendiqueront 1 iionneur de transporter à bras cette chambre de bois mobile dans laquelle le Cardinal gît moribond sur un lit, incapable de mouvement, en se relayant tour à tour, la tête nue ; ce sont eux qui la hisseront par un plan incliné, dans les logis où 1 on s'arrête pour la nuitée, juscju'a l'appartement dont il a fallu démolir les fenêtres pour lui faire place ", qui reprendront tous les matins leur précieux fardeau qu'ils porteront jusqu'à son palais, en traversant Paris au milieu du Ilot compact de peuple qui vient contempler avidement le retour ilu triomphateur agonisant vaincu par la maladie, mais dont l'œil toujours aussi vif met le nom sur toutes les ligures connues de lui dans cette haie de curieux, et dont le regard s'est croisé, comme l'étreinte de
1. .\molot de la Iloussaye, Mémoires, La Haye, 1737, t. III, p. "2o9.
■2. Feuit-il voir une allusion à celte règle clans un passage de Theveneau qui la rapporte comme appliquée par Cyrus ? Les Préceptes du roij Saint Louis à Philippe III son fils, Paris, 1627, p. 374.
3. Le Catolicon français [Pièces curieuses en suite de celles du s'' ileSaint-Germain..., Anvers, 1644, t. II, vol. III, p. 103).
4. Test, polit., ch. ix, secl. IV, p. 293. "i. Avenel, Lettres..., t. VII, p. 131. G. Tallemant, Ilist., t. II, p. 180.
7. .1. de Banne, Passage du Cardinal de Richelieu à Viviers {Variétés hist. et litt., t. VII, p. 342:. — Monglat, .Mém , Amsl.. 1728, t. II, p. 37. — Pontis, Mém., édit. Michaud, p. (ï27. — Tallemant, Ilist., t. I, p. 439.— MaroUes, Mém., Amsterdam, 1733, l. I, p. 234.
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deux génies, avec celui du jeune Bossuel, débarqué ce matin de son coche, et perdu dans la foule '...
Richelieu ne coiitie pas seulement à sa Garde la France entière en sa personne ; il l'associe directement à sa dernière œuvre politique. De Tarascon, au milieu de juillet, il envoie à Montpellier de Manse avec vingt de ses gardes pour veiller sur Cinq-Mars qui prépare une évasion facilitée par la faiblesse crédule de Céton, le lieutenant des gardes écossaises commis ;i la surveillance du prisonnier ; il les fait suivre par Marsal à la tête de trente mousquetaires montés sur des bidets - ; le 4 septembre, l'ancien favori arrivera à Lyon sous cette escorte sûre pour être enfermé au château de Pierre-Encise qu'il quittera pour l'échafaud ^.
C'est au cours de ce voyage que le Cardinal a dicté à Narbonne son testament ; aussi sa première pensée lorsqu'il aborde sa maison est, après l'aumônier, pour sa Garde ; la Compagnie des Mousquetaires ne venait qu'ensuite, et le chill're même des legs, sans tenir compte du rang, est signilicatif. De Marsal recevait ^J.OOO livres, alors tpie de Bar le capitaine des Gardes en recevait 10.000, et de Manse son lieutenant 6.000 ''.
La Compagnie des Mousquetaires n'e.st point en etfet à proprement parler « sa garde » et il ne lui donne jamais ce nom qu'il réserve à celle que nous venons de voir ; dans les Mémoires de M. le comte de Rochefort, du reste, il n'est jamais question que des « Gardes du Cardinal » opposés aux « Mousquetaires du roi >i ; il faut remarquer de plus que ces derniers sont montés comme les Gardes du Cardinal, ce qui implique une sorte de parité de niveau dans la hiérarchie militaire, alors que la compagnie des Mousquetaires de Richelieu est composée de fantassins.
Cette dernière comprend cent hommes comme la précédente, mais avec des écarts d'effectif beaucouj) plus considérables qu'elle, et de plus, elle seule a une recrue ; son organisation est donc toute différente, et comme essence, elles diffèrent radicalement. Entre leurs fonctions, il y a d'aljord une démarcation profonde ; tandis que la Compagnie à cheval est une garde du corps, affectée exclusivement à la personne du Cardinal, et occupant l'intérieur de son logis, celle des Mousquetaires est, comme chez le roi, une garde officielle, un véritable détachement de troupe régulière réservée à l'extérieur et qui défend seulement sa porte ^. Le mode de