‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 372 sur 464 · I/juL, t. III. p. 767 et · texte numérisé non relu

I/juL, t. III. p. 767 et

soit que le Cardinal se déliât de sa valeur comme diplomate ou de son goût pour les rencontres, soit peut-être encore que la spirituelle et persuasive comédienne qu'était M""^ Cavoys, aidée par les signes incessants de sa perpétuelle maternité, l'eût convaincue de la nécessité de la présence assidue de son mari auprès de lui, toujours est-il que Cavoys ne quittait pas son maître, pas plus que son lieutenant Marsal.

Quant à l'enseigne Appelvoisin, nous relevons de lui un voyage en 1638, du 13 juin au commencement de juillet ', auprès du maréchal de Ghàtillon alors occupé au siège de Saint-Omer, pour voir « l'état de ses affaires, et l'assurer de la confiance de son Eminence ». A ce moment, de Mayolla était déjà à l'armée du maréchal de Châtillon, et il est vraisemblable que le Cardinal intéressé au plus haut point par cette opération militaire, voulait contrôler mutuellement leurs rapports ; l'année c[ui nous occupe, le 30 mai, le jour même de son arrivée à Abbeville, il détachait cet officier de son escorte, et l'envoyait à Ardres, « sur la crainte de quelque entreprise des ennemis contre cette place frontière - ».

Les Compagnies sont payées avec une ponctualité et une régularité qui constituent une exception remarquable pour l'époque : le dernier jour de chaque mois, suivant l'usage constant, cliacune d'elles est mise en bataille pour la monstre ; en l'absence de commissaire le lieutenant tient à la main le rôle qui porte par rang de grade tous les noms et surnoms des officiers et soldats qui la composent ; leur lieu de naissance, leur date d'enrôlementet leurs « habitudes » ■*, afin que si quelqu'un d'entre eux vient à manquer, on puisse le retrouver plus aisément ; quelques noms sont marqués d'un signe; ce sont les absents par suite de maladie, l'unique cas dans lequel il soit accordé un congé, et pour ceux-là, Berthereau a noté sur le rôle en face de leur nom la date de leur départ signée par lui et contre-signée par le capitaine ; de la Houdinière traverse les files, en passant la revue, chaque soldat crie son nom, que MayoUas à son côté coche au fur et à mesure sur le rôle ; la monstre terminée, et sans passe-volant, il est inutile de le dire, l'un des maréchaux des logis recopiera le rôle que signe de La Houdinière et c'est sur

1. Aubery, mmoireK, t. III, p. 6VH (1.1 juin 1(138), 055, 661, 683, 686, 692, 693, (7 juillet 1638).

■2. Gazette du 3 juin 1639, n° 68, p. 300. 3. Testament polit... ch. ix, sect. IV, p. 288.

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ce certificat qu'Euzenat paiera les hommes défilant un à un dans son bureau.

La caisse de la maison n'est ouverte que ce jour-là pour les deux compagnies ; le Cardinal est intlexil)le sur cette rèo;^le dont il n'a jamais voulu se départir; déjà lors de son premier ministère, il faisait répondre au marquis de Choisy qui demandait une monstre anticipée : •< Il s^ait bien que jamais g-endarme ne fut pavé par avance' », et vingt ans plus tard, « Ion n'a jamais payé les gendarmes que pour service fait- », écrivait des Noyers, sous son inspiration évidente.

Si les gendarmes du roi n'étaient, d'après la règle, jamais payés par avance il arrivait très fréquemment qu'ils ne l'étaient pas davantage après service fait ; la correspondance et les mémoires sont remplis des récriminations, des plaintes et des incidents que provoquait le retard dans les paiements ; c'était moins grave que pour les levées, car, pour celles-là il fallait absolument des fonds, et l'on ne pouvait recourir, comme pour les monstres, aux à-comptes et aux promesses ■'. Dans les débuts de son règne, Louis XllI écrivait au duc de Guise n qu'il est résolu de ne plus lever de nouvelles compagnies, attendu qu'il lui serait impossible de les payer^ », et le lendemain même, il demandait au prince de Joinville de faire l'avance nécessaire à la levée de 12.000 hommes de pied, la nécessité de ses allaires ne lui permettant pas de lui faire délivrer l'argent nécessaire ^ » .

Tantôt, ce sont quatorze monstres qui sont dues à la garnison d'Oléron'', tantôt 4 mois qui restent à payer à la cavalerie après la prise de La Rochelle". Un mémoire de Richelieu nous donne l'élat de la dette militaire, au moment où le maréchal d'ElBat entra en charge, le 7 juin 1626 : « Il estoit deub aux garnisons trente mois. A celles qui sont les mieux payées, deux ans, à toutes les armées qui sont à la campagne, deux mois de l'année passée, et toute celle-cy ; à toute la noblesse de la Cour, les gratifications de l'année passée et de celle-cy ; à l'armée qui est revenue d'Italie, toutes les soldes ; à celle de la Valteline de mesme : à Montpellier, le fort de La Rochelle, les isles et la marine, de mesme. Toutes ces despenses montent à plus de vingt millions de livres **. »

i. .\venel, Lettres..., t. I, p. 423 20 mars 1017).

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