‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 373 sur 464 · Ibid., t. III, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. III, p

L'histoii'i' militaire du régne regorg'e de liraillemeiits incessants et des conflits sans noniljie entre les surintendants des linanees assaillis de demande de l'unils. et les généraux qui voient leurs compagnies se fondre peu à peu, faute d'argent et de vivres pour subsister. En vain, en ItiS'i, Richelieu avait décidé la diminution du paiement des troupes. Le « surtaux était supprimé pour la cavalerie opérant hors du rovaume », les huit monstres pour l'année étant toutefois maintenues ; celles de l'infanterie étaient réduites de dix à huit par an ', et payées par conséquent de 4.'» en 'iTi jours au lieu de l'être comme auparavant tous les 3tj jours •'. Cette mesure d économie ne changeait rien aux choses : v Je voudrais avoir vendu tout mon bien et pouvoir tirer l'année de Sa Majesté de la misère où elle est '», écrivait le maréchal de Brézé à de Bullion à la fin de l()3o ; cette armée de Flandre u la plus leste qui eut été sur pied depuis le commencement de ce siècle est réduite à eintj ou six mille hommes de (juarante mille hommes qu'elle avait été ; les soldats vendent leurs chevaux et leurs casaques ' », et sont réduits i< à mendier un peu de pain on à manger le blé vert à la façon des animaux ' ». Les villes font la charité de chemises aux soldats et recueillent dans les hôpitaux les valets que les cavaliers sont contraints de chasser ^.

Le régiment de dragons du Cardinal lui-même, qui était dans l'armée de MM. d'Angoulême et de La Force n'était payé ni de son prêt, ni de sa monstre et Richelieu s'en plaignait « à son ami particulier^ », M. de Gobelin, le commissaire responsable, en des termes dont l'adoucissement montre, mieux que tout autre chose, avec son caractère absolu et impérieux, l'impuissance dans la(|uelle il se sentait devant un pareil chaos.

Une lettre de lui à M. de Créqui donne, par un chilfre, une idée de ce qu'il était; sur trois millions 70(1 mille livres d'argent comptant envoyés par les surintendants des finances, les troupes n'avaient touché qu'une monstre ; les commissaires faisaient signer aux capitaines d'infanterie les rôles en blanc, et les remplissaient par après à leur fantaisie avec les trésoriers..., les ordonnances de fonds étaient signées sans que l'ordonnateur vît le menu de la despence ou les affectations *"...

I. Aveiiel, Lcllres..., l. IV, p. 494 (.30 oclobro 1033). ■2. Ihid., l. V, p. 523 et 324 (janvier 1034).

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