Testament politique, II' partie, chap. vu, p
4. De Silhon, Le ministre d' Estât, liv. II, chap. iv : « Que la science de discerner le mérite des hommes et de les emploj'er est nécessaire à un ministre », p. 152.
riinité de la foi religieuse et la puissance du levier de la discipline ecclésiastique qui en est la résultante (son mode de conception de la royauté absolue vient peut-être de là), pour qu'avec sa logique irréfutable, il n'ait pas song-é à réaliser dans sa propre maison la Communauté au sens le plus élevé du terme, comme il le fera un jour à côté de lui pour la Pensée. 11 V a d'abord celle d'origine : la plupart de ses domestiques sont issus des provinces de l'Ouest, le berceau de sa famille, qui tient à la fois, par sa naissance et par ses alliances, au Poitou, à la Touraine et à l'Anjou ' ; même dans ce petit noyau de serviteurs qu il a depuis le collège à Paris, et qui ne le quitteront plus, Le Masle, Desbournais et Mulot, le premier vient de l'Anjou, Desbournais de la Touraine. A Tétat des gages de 1639, nous verrons un autre tourangeau, le secrétaire Godin, et nombre d'Angevins, fort probablement d'abord son valet de chambre Seneschal, et toute une série pour lesquels il n'est pas de doutes, ses chirurgiens, Leroy et Berthereau, son apothicaire Perdreau, son maitre de chambre, l'abbé de Cinq-Mars, ainsi que son capitaine des gardes, de la Houdinière ; le médecin Citoys et ses dei^x parents, Antoine et Pierre, sont de Poitiers, son confesseur, l'abbé d'Esclaux -, le contrôleur de La Borde et l'abbé Desrins sont de Bordeaux ; Cathelineau, un cuisinier, Artus Ferret, le premier cocher, Goussaud ^, son postillon, sont des noms de la Vendée ou de l'Anjou ; nous ne parlons pas de Du Plessis du Bellay et de Du Plessis Benart, deux gentilshommes servants, dont le nom patronymique indique assez la communauté d'origine avec le Cardinal. Celte préférence a un autre motif : Richelieu a longtemps séjourné dans l'Ouest; à Luçon, à Richelieu, à Poitiers d'abord, à Angers ensuite, avant d'être premier ministre, plus tard dans son gouvernement de Brouage, et au siège delà Rochelle, il a pu apprécier les caractères issus de ce sol, peser la valeur de leur concours. A ce premier lien de communauté d'origine déjà si puissant, il en joint un autre qui ne l'est pas moins, celui du sang. 11 s'entoure, en effet, de véritables familles ; celle de Broc est la première à nommer comme jouant en 1039 dans son entourage le rôle le plus considérable ; des sept enfants de François de Broc, chevalier de l'ordre du roi, et gentilhomme ordinaire de la Chambre, il n'en est pas un, comme nous le verrons plus loin, qui ne le serve directement ou indirectement. Pour ne citer ici que ceux de sa maison propre-
1. Lettre (léchiffri''e. Idil. [Recueil de dUersex pièces pour servir à l'histoire, 16.39,
2. Mélanges d'histoire et de littérature, par do Vigneul-Marville, l. II, p. 45.