‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 47 sur 464 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

noire, il aime assez à rire ' » ; tantôt il se plaît aux railleries avec ses familiers dont il se joue parfois même assez cruellement -, tantôt il se laisse aller, bien que « se contraignant assez aisément ^ » » à des paroles plus piquantes qu'il n'eût voulu '' », et c'est ici un panégyriste qui parle. Tout le monde tremble devant lui • et il est aussi redouté qu'affectionné des siens, surtout dans ses accès de colère qui sont terribles, et capables de « casser la France, si elle était de verre '' » : ils allaient quelquefois jusqu'aux voies de fait ", comme l'apprit un jour à ses dépens Cavoys, le capitaine de ses mousquetaires, pour avoir contrevenu à un ordre. Elles étaient, il est vrai, aussi courtes que soudaines, avec » le sang chaud ** », qui, de son propre aveu, court dans ses veines, ces crises de violence dans lesquelles le pamphlétaire qui l'a approché longtemps, nous le montre « le front ridé, le né affilé et les lèvres tremblantes '■> ».

Le Cardinal était le premier à les regretter et à en effacer l'effet par une attention ou par un mot ; il en rejetait la cause sur son état d'esprit exacerbé par ses préoccupations continuelles et « disait quelquefois à ses plus grands confidens, qu'un homme de sa condition seroit bien malheureux, s'il n'avoit quelqu'un qui eut la bonté de souffrir le chagrin que luy pouvoient causer les grandes affaires qu'il avoit à soutenir '" ».

Dans une lettre surprise par le Cardinal et qui valut seulement à son auteur une disgrâce temporaire, au grand étonnement de tous, Cheret,

i. Guy-Patin, Lettres choisies. Paris, 1692, t. I, p. 263.

2. « ...Le Cardinal liiltait avec ses domestiques, les tirait d'un coin delà chambre avec une sarbacane, leur jettoit des livres à la teste, leur bailloit des nazardes, les pinçoit, les piquoit, ou chatouilloit, leur faisoit tous les jours des pièces nouvelles jusques à les faire démonter et dévaliser par des voleurs attitrez (cette plaisanterie dont fut victime Lopcz a été rapportée par Tallemant [Hist., t. II, p. 4")), jusques à faire imprimer des fausses Gazettes contre eux pour les mettre en colère, et néanmoins c'étoient les divei'lissemens ordinaires d'un homme qui passe aujourd'huy pour le plus g'riind Ministre qui ait jamais esté en France. » G. Naudé, Jugement de tout ce qui a esté imprimé contre le cardinal de Mazurin depuis le dixième Janvier jnsfjues ;i la déclaration du premier Avril mil six cent quarante neuf {S.è'^O), p. 4i6. — Tallemant, Hist., t. II, p. 230.

3. Tallemant, Hist., l. I, p. 42"). P. Senault, De l'usage des passions. Paris, 1642. Épistre à Mf;r l'Em. (iard. duc de Richelieu, p. v.

4. Auhefy, Hist. du (Cardinal de Riclielieu, Paris, 1660, p. j94. b. Tallemant, Hist., t. IV, p. 290.

6. De Morgues, La vérité défendue, 1635, p. 4!). [Recueil de pièces pour la défense de la reyne-mère. Anvers, 1643.)

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