yone\, Lettres..., t. VII, p
6. Tallemant, Hist., t. I, p. 26. Amelol de la Houssaye racontant la même anec-
62 LA MAISDN DU (.AIIDI.NAL UE RICHKMEI
— Tallemaiit, le maître des requêtes et sa l'einme faisaient mieux ; ils logeaient vis-à-vis de chez eux les gens qu'ils faisaient semblant de chasser pour céder à leur neveu, l'auteur des Historiettes, qui s'était l'ait leur intendant et voulait diminuer leur train '. M. d'Avaux garde ses valets à son service pendant plus de vingt ans '- et le marquis de Sourdis laisse les siens dans sa maison jusqu'à la quatrième génération •*.
Il est bien rare de voir les serviteurs oubliés dans le testament de leur maître, et le fait, lorsqu'il se produit, provoque l'indignation ''. Celui de Richelieu ne fait pas exception, et il est un véritable état de sa maison, ce qui rend ce document précieux à plus d'un titre ; par lui, nous voyons d'abord, ea plus des renseignements qu'il fournit sur la composition de sa maison en l()i2, qu'il connaît tous les siens par leurs noms ou leurs surnoms. De plus, l'impoiiance des legs, certaines omissions voulues, la désignation de certains légataires par leur emploi seulement, les remarques qui en accompagnent d'autres, sont autant d'indications intéressantes sur les personnalités la plupart très modestes que nous rencontrerons dans cette étude.
Dans sa maison, Uichelieu ne veut pas seulement la discipline hiérarchique (ju'il regarde comme la base de l'ordre ■' ; il exige aussi des siens « la retenue que la qualité qu'il a en l'Eglise ne luy permet pas de voir violée '' » ; plus haut, nous avons vu ses précautions pour s'assurer de leur lidélité et de leur dévouement ; il prise avant tout ces deux qualités, et les recherche même au point de les envier jalousement quand il les rencontre dans une autre « famille » que la sienne. Lorsqu'après avoir défendu les secrets de la reine avec une adresse et un courage égaux à son dévouement, de La Porte, son porte-manteau, fut relâché de la Bastille, le Cardinal qui avait pu le juger mieux que personne, voulut se l'attacher: « Avant de partir, raconte-t-il, M. le Cardinal me lit demander par madame la marquise de Mons. si je voulois me donner à lui, ce ([ue je ne crus pas à prnpos de faire ; et j'ai appris depuis de M. l'abbé de Beaumont, son maître de chambre, qu après l'interrogatoire qu il m'avoit
(li}li' iiUriliuc lo luol à .Vloiizo Carillo, seigneur d'Ai-agoii. MiUn. /ii.s/., La Ilayo, 1737, I. III, p. m.