Vvenel, Letlrcs..., t. \', \>. 37. 31 mai
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;i-l-il voulu, de la soilo. aui;ineuk'i' les iippointemeiils de ses domestiques lorsquil a eu l'Amii-auté. par une générosité imitée de celle du connétable de Montmorency ' .' Est-ce pour lui un nioven d'alléj;er d'autant les charj^es de son train, et de suppléer par des sinécures i-émunérées k l'insuflisance des gages relativement faibles attribués dans sa maison ? Faut-il v voir un procédé analogue à celui des » passe-volants » alors en usage dans la comptabilité militaire, abus contre lequel le Cardinal s'est élevé pourtant avec énergie et a sévi avec rigueur? La ([uestion est embarrassante. Largument d'intérêt pécuniaire est tout d'abord à écarter de suite, car en l(i3! , Louis XIII a donné à Richelieu « la liberté et le pouvoir de disposer des deniers revenants de la marine - ». La Faculté de sa maison est portée, il est vrai, au complet sur cet état de la marine : Gitoys (Citrys) ^ le médecin, Jean Perdreau l'apothicaire, Pierre Leroy le chirurgien, ce qui semble venir quelque peu à l'appui d'une réponse affirmative, mais il faut remarquer que leur présence est absolument inutile à la marine, où ils ne servent en réalité que le grand maître ; elle n'y est justifiée, ou que par une ancienne tradition de l'amirauté, ou par le désir de Richelieu de rehausser la dignité de sa charge par un entourage d'honneur, portant des titres qui la rappellent.
Ces mêmes motifs expliquent aussi les six gentilshommes entretenus, aux appointements de 1 .300 livi-es, qui apparaissent aux premières pages de l'état, et parmi lesquels on remarque le sieur de Lavergne '*, sans doute le gouverneur du marquis de Hrézé, le neveu du Cardinal. Ce sont là, comme pour la F^aculté, des fonctions d'honneur, qui n'ont rien de commun avec les emplois actifs assignés aux autres domestiques du Cardinal ; pour ces derniers, ce sont bien des services réels qui, tout au moins au début, semblent avoir été ainsi rémunérés par ces appointements venant s'ajouter à ceux de la maison proprement dite. Les titulaires de ces emplois de la marine ont tous, du reste, des capacités en rapport avec ceux-ci, et le choix qui en a été fait est très significatif. Les secrétaires, tous utilisés, sont mieux que tous autres qualifiés pour occuper leurs postes, où ils sont encore dans la sphère de leurs occupations courantes ; le contrôleur de la maison est dans le même cas pour les questions de comptabilité: l'on peut en dire autant des chefs d'office, car leurs fonctions
1. Ilisl. (If ll'-nri II, dernii'r iliir <lr Moitlmurfndj, l'aiis, ilj'J'J, p. 71.
2. \.. :i. sig. p. Louis XIll, Paris, i féviiL'i- 1031. .\. Pécarcl, Catalogue J'aulog., Cliaiavay, Paris, 1873, p. 71.