‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 8 sur 464 · venel, Lellres..., t. VIII, p. 13o · texte numérisé non relu

venel, Lellres..., t. VIII, p. 13o

du véritable but de la mission de l'abbé Descbanil)res que nous avons citée ' 1

La date du Compte ajoute encore à son intérêt. En cette année de 1639, en elTet, la puissance du cardinal de Richelieu est à son apogée : à l'intérieur, l'unité politique est presque complètement réalisée par la dissolution du parti protestant, qui, depuis la prise de la Rochelle, est rentré peu à peu dans le droit commun; 1 unité relit^ieuse, ébranlée par les abus cpii se sont glissés dans tous les Ordres à la faveur des longs troubles des guerres de religion, a été raffermie par la réforme des couvents poursuivie avec énergie. La faction des Princes est réduite à quelques éléments isolés ; quant au frère du roi qui en est l'ànie cachée, et à la reinemère, la naissance du Dauphin (3 septembre l(i3iS) en assurant la succession normale et régulière au trône, a singulièrement amoindri leui" inlluence ; de ce côté, le Cardinal a vu disparaître la cause de ses vives préoccupations pour l'avenir devant l'évenlualilé de la mort de Louis Xlll sans enfant'-'; la reine-mère erre lamentalilement des Pays- Bas espagnols en Hollande, puis en Angleterre : elle y continue ses intrigues, mais elle est toujours loin de la cour de France où sa présence aurait été pour le Cardinal un danger permanent et lui aurait créé ainsi qu'au roi la plus embarrassante des situations, .\utour de ce dernier, les menées sourdes continuent contre Richelieu; après M"'' de La Fayette, c'est M"" de Hautefort, puis Cinq-Mars qui sont les instruments religieux ou politiques de la Cabale, mais pour le Cardinal, c'est là la lutte pour ainsi dire normale, avec le favori du jour, quel qu'il soit, lutte sans trêve

1. Il Ceux qui pai'aissaieut être le plus avaut daus la confiance du Cardinal de Richelieu, étaient quelquefois les moins instruits de ses véritables sentiniens. Le comte de Bautiu était de ce nombre; et il ne sortit de son erreur qu'après la mort de ce grand ministre. S'étant adressé à Bertier libraire pour faire imprimer les négotiations de son ambassade d"Espagne, celui-ci lui conseilla de ne point donner cet ouvrage au public ; comme M. de Bautru en voulut sçavoir la raison ; c'est, lui dit Bertier que moi, qui étais, comme vous sçavez, en Espagne en même temps que vous, j'avais ordre de traiter avec le comte duc d'Olivarez tout le contraire de ce (pie vous aviez négocié avec lui ; et si vous en doutez, je vais vous montrer mon instruction secrète, signée delà main de M. Desnoyers, et vous verrez par là que si vous étiez l'homme du Roi, j'étais celui du Cardinal. M. de Bautru, ayant lu cette instruction, s'écria : Ah le grand fourbe ? Et depuis ce jour-là, il ne dit jamais de bien de ce premier ministre. » .1/ ■!.i:ijes d'histoire et de littérature, par M. de Vigneul- Marville, Paris, 172.J, t. III, p. 321. .\melot de la Iloussaye rapporte la même anecdote, Mémoires, La Haye, 1737, t. II, p. 33.

2. Avenel, Lettres..., t. III, p. 187 et 210. .\dvis donné au roi après la prise de La Rochelle (13 janvier 1629). — P. Griffet, Hist. du ri^gne de Louis XIII, Paris, 1758, t. III, p. I.IG. — Moutglat, Mémoires, Amsterdam, 1727, t. I, p. 202.

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