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LE CAltlNET : LES SECRÉTAIRES 97
<i d'ambition que pour se faire estimer soldat et témoigner qu'il en mérite la qualité ' ».
Et encore, ne s'agit-il que de la prose, le métier de poète, dit-il, « étant de peu de rapport et un Enquan où on met son honneur à l'enchère- ».
Ce mot de « rapport » venu incidemment est bien insignifiant en apparence, et c'est lui pourtant qui va décider du sort des Lettres. Certes, le cardinal en rehausse la dignité, en les unitiant comme il avait fait de tout le reste, en » les faisant profiter du prestige du pouvoir souverain ■' » par leur groupement » sous une autorité publi(jue » et en les représentant " comme l'un des plus grands ornements des Etats * » ; mais en même temps, que ce soit par vanité personnelle ou plutôt par calcul politique, selon la croyance du temps ^, il est prodigue envers eux de faveurs; l'exemple de ses écrivains pensionnés est là pour montrer à la noblesse de quel côté souffle le vent de la fortune, précisément à l'époque où commence à s'élever le pouvoir de l'argent '', et le crédit des Lettres va tracer la voie des nouvelles ambitions. Désormais, les Lettres seront un facteur puissant de succès, et cette idée, qui correspond peut-être à ime suggestion de Richelieu, inspire Faret, lorsqu'il insiste, comme il le fait, sur l'avantage pour » l'honneste homme » de bien écrire en prose... Outre les sciences et l'histoire, il est tellement nécessaire de se former un stile à bien escrire, soit de matières sérieuses, soit de compliments, soit d'amour, ou de tant d'autres sujets, dont les occasions naissent tous les jours dans la cour, que ceux qui n'ont pas cette facilité ne peuvent espérer de grands emplois, ou les ayant n'en doivent attendre que de malheureux succez ' ».
Trente ans plus tard, de Chalesme fait la même recommandation que Faret, toujours dans le même but utilitaire, car « im jean de lettres, pour l'ordinaire est un animal mal idoine à tout autre chose ^ » .
« Il est très nécessaire, dit Chalesme, qu'un honmie de qualité s'étudie autant cpi'il pourra à bien parler et à bien écrire ; s'il n'acquiert cet avan-