De Chalesmc, L'homme de qualité, Paris, 1671, p
2. De Caillières, La fortune des fjens Je r/ualità, Paris, 1080, p. 151.
3. Pour les lettres seulomeiit car les gt-ns il'épée feront encore long-temps « profession d'ignorance » et « gloire de ne rien savoir ». De Bourdonné, Le courtisandésabusé, Paris, 1658, p. 8.
4. Do Caillières, La fortune des rjens de r/u;iliti'', p. 255 et suiv.
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« J'estime cette opinion ridicule qui prive un Gentilhomme de la charge de secrétaire ; et si j'estois grand Seigneur, je cliangerois celte coutume dans ma maison ; et en elîet quelle incompatibilité y a-t-il entre la plume et l'épée ? Si l'on ne conteste point qu'un homme docte peut être vaillant, demeurera-t-on pas d'accord ([u'un vaillant homme peut estre secrétaire ? La Science et le bon sens sont-ils moins nécessaires pour la conduite que le grand cœur pour les expéditions périlleuses ' ? »
Pour en revenir, après ce préambule, à la famille de Richelieu, il faut bien reconnaître que s'il a aidé aux Lettres, ce n'a pas été dans sa propre maison. Après ce que nous venons de dire, un lecteur qui ne connaîtrait de lui que sa valeur politique, ses aspirations littéraires, unies à sa science d'écrivain, sa hauteur de vues et son génie diplomatique, s'attendrait à le voir entouré de collaborateurs éminents pour secrétaires, de personnalités de plus ou moins de valeur, mais connues par des productions comme l'on en rencontre, suivant l'usage, à titre de domestiques, dans toutes les grandes maisons du temps - : du Ryer, secrétaire du duc de Vendôme, de Malleville, secrétaire du maréchal de Bassompierre, Baro, secrétaire de d'Urfé, Faret, de Montereul qui remplissent les mémos fonctions l'un chez le comte d'Harcourt, l'autre chez Fontenay- Mareuil, Vaugelas, le grand puriste de la langue, gouverneur-précepteur des trois enfants de M'"" de Carignan, dont l'un est muet, et l'autre bègue •■, de Serisay, intendant de la maison du duc de La Rochefoucauld, Charles Ogier qui accompagne le comte d'Avaux dans son ambassade aux pays du Nord, comme secrétaire et comme ami ; Videl, secrétaire du connétable de Lesdiguières ; ou encore les hommes de robe ou d'église dont il connaît et utilise la plume. Il n'en est rien ; ces derniers sont nombreux, mais ce ne sont que des secrétaires occasionnels ou des écrivains dont la phalange constitue sa presse politique : son médecin Gitoys ; l'évêque de Maillezais, frère du cardinal de Sourdis, plus tard archevêque de Bordeaux*; Harlay dé Sancy « le secrétaire des Mémoires^ », l'auteur du « Vieux courtisan désintéressé qui a, pendant un certain temps,
1. De CailiiiTos, La forlune des ijons de rjualilé, p. 270. Avec son giand l)on sons praliflue, de Caillièies recommandait unir|uement l'élude des lettres comme un élément de succès, « les sciences sublimes nuisant plus ([u'ellcs ne servent à un gentilhomme qui porte l'épée ». Ibid., p. 212.
2. Abbéd'Olivet, Ilist. de l'Acad. française, Amsterdam, 1730.