‹ La maison du cardinal de Richelieu, document inéditChapitre 98 sur 464 · I.E CAniNKT : LES SECRÉTAIRES · texte numérisé non relu

I.E CAniNKT : LES SECRÉTAIRES

avances ' ; c'est à lui que Richelieu ordonnera de remettre, en cas de besoin, sa vaisselle d'arj^^ent, cette vaisselle qui vaut plus de deux cents mille livres, et (ju'il oirriru lui jour de détresse à de Hullion pour servir de gage à un emprunt pour l'Etat -*.

L'on connaît les rapports tendus du Cardinal avec ce dernier personnage', qui prenait précisément, par la mort de d'Efliat ', le portefeuille des finances vers l'époque à laquelle Le Masle était gratifié de son canonicat ; bien que cette coïncidence puisse être toute fortuite, l'on peut, assez vraisemblal)lement, l'attribuer à un calcul de Richelieu dont tous les actes sont motivés. D'EITiat était non seulement son ami, mais son trésorier personnel, en même temps que celui de l'Etat, et l'on s'explique naturellement que devant sa disparition, et son remplacement par un adversaire, Richelieu ait tenu à confier désormais ses intérêts à un agent de sa « famille », d'un dévouement connu, en lui assurant par un poste sédentaire, en dehors de sa maison, la liberté de ses mouvements et une indépendance absolue, tout en le mettant ainsi à l'abri de toute indiscrétion et de tout espionnage ; un détail curieux viendra tout à l'heure, qui semble confirmer encore cette hypothèse.

Le Cardinal avait en Le Masle une telle confiance que, dans les premiers jours de 16i2, à la veille de son départ pour l'armée du Roussillon, il lui donnait procuration générale pour toucher tous ses revenus durant cette année ^. A ce moment. Le Masle avait déjà chez lui, en dépôt, ou plutôt représentant son encaisse normale, ces l.oOO.OOO livres d'argent monnayé que Richelieu avait consacrées comme une réserve de secours pour l'Etat '', et qu'il léguait au roi par le testament fait au cours de son voyage ^.

Ces (( colfres forts de bois garnis et ferrez » et le coffre de fer, achetés en 1639, qui apparaissent au Compte, n'ont-ils pas été destinés à renfermer ce trésor de guerre ? L'un d'eux est en effet pour « la maison de M. des Roches », et si l'on y rattache un autre fait, inexplicable en apparence, l'association d'idées est trop séduisante pour n'y point voir un calcul profond du Cardinal. En cette même année de 1039, « toute la cité est sous un seul colonel, qui est à présent M. l'abbé des Roches, chantre

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