Ibid.,ç
108 LA MAISON nr cardinal PK RICHELIEU
de l'église Notre-Dame, tpi a sous luy quinze capitaines, quinze lieutenans, quinze capitaines-enseignes et trente sergens ' ».
Richelieu vient de préparer la lutte contre les ennemis de l'extérieur avec les forces les plus considérables qu'il ait jusqu'alors mises sur pied; veut-il, en prévision de son départ, assurer la garde de ses biens, et de ce trésor qui est aussi celui de la France, en prenant sous sa main, par son fidèle Le Masle, un homme énergique et un homme d'action, les forces vives de la Cité, ce cœur de Paris qu'il laisse derrière lui? Veut-il s'assurer contre une de ces explosions de fureur populaire qu'il a vues de près lors de la fin du maréchal d'Ancre? Car elles sont d'autant plus à redouter que la misère avec les haines désespérées qui l'accompagnent s'est accrue avec les besoins de ces six armées qu'il a envoyées aux frontières. Prend-il seulement ses précautions dans le cas d'un nouveau désastre possible comme celui de Corbie? Tout cela à la fois peut-être; et ce n'est pas non plus exagérer le génie prévoyant du Cardinal que de faire remonter ce plan au jour où il a placé son trésorier hors de chez lui pour lui confier en cas de besoin, le gouvernement militaire du premier quartier de la capitale du royaume.
Les annales de Notre-Dame de Paris- ont conservé le nom de Le Masle; le () juillet 103,3, il présidait le .synode chargé de procéder aux règlements et juridictions relatifs aux petites écoles de Paris dont il était collateur, juge et directeur'', fonctions attachées à sa charge de chantre par un arrêt du Parlement du 10 juillet de l'année précédente. Le 19 octobre 163.^>, il oll'rait, dans la basilicjue, au nom do Louis XIII, devant l'autel de la Sainte-Vierge, « une grand lampe d'argent cizelée du poids de .'120 marcs d'argent pour accomplir le vœu que le roi avait fait quelque temps auparavant'' » pour obtenir de Dieu la grossesse de la reine.
Plus tard, et ce détail achève de prouver l'autorité dont il jouissait, il était choisi par Richelieu pour trancher le dill'érend qui s'était élevé en 1637 entre les religieux de l'abbaye de Saint-Germain-des-Préset le lieutenant criminel de Paris, au sujet de la seigneurie de Chatillon dépendant du doyenné de Châteaufort'.
Le Masle avait la garde des documents comptables de la maison de Richelieu, mémoires et pièces justificatives; c'est bien entre ses mains
t. Jacques du Brcul, TMillre îles Aniiqiiilez de Pnris, Paris, 1C39. Siipp., p. 7.
2. Duru, llisC, description et nniiales de Notre-Dame de Paris, Paris, 1834, p. 2I">.
3. Fùlibicn, Hist. de la ville de Paris, t. III (pièces justificatives), p. 459.