Ordonnances, t. VIII, p
forcer un quiconque à tenir net et bon le pavé devant son bôtel, il y en a beaucoup qui le négligent ou refusent depuis longtemps, en particulier Saint-Martin des Gbamps, les religieux de THôpital du Temple, le roi et la reine de Sicile et plusieurs gens d^Église^ écoliers, etc., ce qui rend la ville infecte et malsaine ».
Pour ses droits de voirie, comme pour les autres, le Temple eut des luttes à soutenir contre la justice royale; on peut même dire que dès le xy^ siècle, bien qu'aucune mesure absolue ne fût prise, sa cause était perdue. On posait en effet, comme base de l'opposition et comme principe, que le droit de voirie ne dépend pas des autres droits de justice. La question resta longtemps obscure et difûcile à résoudre, dit Delamare ^ Lorsqu'en 1469 ' on créa un voyer de Paris^ il ne fut aucunement tenu compte des exceptions et droits particuliers, alors existants, des diverses communautés et seigneuries de la ville. « Le voyer de Paris, — dit le privilège^ — si est appelle voyer pour ce qu'il doibt veoir et regarder que Ton fasse raison et mesure en la voierie et au Cbastellel de Paris, soit que les chemins ne soient encombrez, ne que Ton n'y fasse nulle chose, si ce n'est par son congé. » Et plus loin, article 21 : « Nul n'a voierie à Paris que le roy, en toute la banlieue » ; et article 23 : « le Temple n'a point de voierie, car le voyér y a toute justice ».
Mais il ne paraît pas que ces règlements si formels aient reçu une application pratique, pour ce qui concerne les seigneuries de justice. Les histoires de Paris et tous les inventaires de l'Ordre notent au contraire — et nous venons de le voir dans un acte cité plus haut — que chacune avait ses voyers parXiculiers. Aussi constate-t-on toujours quelque conflit de temps à autre, sans que la victoire des cours royales soit jamais décisive. Le 15 juillet 1614 ^, par exemple, le bailli de l'Enclos du Temple avait rendu un jugement portant défense au voyer du roi de donner aucun alignement dans les rues du ressort du bailliage, et injonction aux habitants dlcelles de ne pas s'adresser audit . voyer. Le 6 août 1615, le lieutenant civil casse et annule ce
1. Voy., sur la voirie des seigneurs justiciers eo général, un chapitre de Tanon, Histoire des Justices de Paris , in-8», 1884.
2. Félibien, Preuves de V Histoire de Pans, l. II, p. 307. — Delamare, Traité de police, l. IV, p. 650,