CHAPITRE V
Nous résumerons dans les pages qui vont suivre ce que nous avons pu recueillir sur la conservation des archives de Tordre du Temple et sur leur composition. Il est naturel de penser que, de tout temps, chaque Maison, soit des Templiers, soit des Hospitaliers, prenait régulièrement soin de veiller au bon état de ses titres de propriété, des privilèges qui lui étaient délivrés, des contrats qu'elle passait : toutes les communautés ont des archives, parce qu'elles ont des droits à défendre et à prouver. Mais quelle négligence était apportée à ce travail! On se bornait à ne pas détruire les pièces, mais on en laissait la connaissance et Tusage devenir avec le temps de plus en plus difficiles, sans porter remède au désordre.
D'après les règlements de Tordre de THôpilal, les grands prieurs étaient tenus de faire dresser en double certains documents, comme Télat des biens de leurs commanderies ; on dressait aussi des copies authentiques d'actes souverains, et il fallait envoyer un exemplaire au grand maître, et conserver l'autre au grand prieuré *. Il y eut donc toujours, proprement, des archives.
Mais ce n'est que très tard, au xvi« siècle, que Ton songea sérieusement à une collation d'ensemble et à un classement par fonds^ par matières, de ces papiers de nature si variée. Une mesure officielle fut prise sous le grand maître Claude de la Sengle (1553-1557), pour ordonner l'aménagement de locaux spéciaux , devant servir , de dépôts aux archives de chaque