Lenoir, ibid
3. Voy. Architectural illustrations and account of the Temple church, London, by Rob. W. fiillings, 1838, in-4^ — Dugdale, Monasticum anglic,
\6d. de 4830, t. VJ, 2» partie, page 817. — E. Reclus, Guide à Londres, 1862, p. 195. — Archjeologia, 1817, t. XVIII, p. 336.
4. Templum novuni,New Temple, comme on dit toujours, depuis Math, de Paris, par exemple. Il y avait eu en elTet, paratt-il, un temple anlérieuPf circulaire, dont on a retrouvé depuis les fondements. — La Maison passa à l'ordre de THôpital, comme celle de Paris; mais Henry VIII chassa les religieux el réunit l'édifice au domaine de la couronne. On le livra bientôt à la Société des étudiants en droit, et il demeura jusqu*à nos jours à peu près entre les mêmes mains, non sans avoir été l'objet de plusieurs restaurations, en 1716 par exemple, en 1811, en 1827, et de nos jours, à grands frais.
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comme à Paris; plus tard, encore comme à Paris, un chœur rectangulaire fut ajouté, et sa consécration date de 1240. On voit que ce monument est toujours en retard d'une quarantaine d'années sur le Temple de Paris.
On entre par un petit porche carré et une porte plein cintre. La rotonde était voûtée, comme à Paris, d*une sorte de coupole bâtie sur des ogives rayonnantes. Aujourd'hui, malheureusement^ cette voûte est remplacée par un plafond plat, mais on a continué les ogives, cassées en leur milieu, en les faisant aboutir à une clef dans le goût ancien. Les bas côtés sont voûtés sur des croisées d'ogives retombant d'une part sur des colonnettes appliquées à la muraille, de l'autre sur les six piles centrales, faisceaux de quatre colonnes (deux grosses et deux minces] à socle octogone et abaque uniques, mais à chapiteaux séparés, richement sculptés. Ces faisceaux, très curieux, sont disposés de telle sorte que la partie de Tabaque qui fait angle se présente en avant sur la rotonde, pour recevoir la longue et mince colonnette qui porte les ogives et les formerets de la voûte.
Les grandes arcades sont brisées, mais immédiatement audessus est appliquée une arcature aveugle de petits arcs plein cintre entrelacés, sur colonnettes, et au-dessus s'ouvrent de hautes fenêtres également cintrées, dont les colonnettes d'angle prennent naissance sur la corniche formée par l'arcature aveugle. Cette disposition est d'une grande élégance. Le comble des bas côtés est ainsi ménagé derrière la partie pleine du mur, sans nuire aux fenêtres. Les baies qui éclairent le collatéral sont également cintrées. Il y a dans le style de tout cet ensemble un compromis entre les traditions romanes pures et les nouveaux essais de l'art gothique, qui a toujours excité vivement l'intérêt de nos voisins, lesquels n'ont rien négligé pour conserver dans toute son intégrité un aussi rare type d'édifice '.
La nef ou chœur est d'une plus grande richesse, mais l'aspect est plutôt celui d'une vaste salle que d'une église; trois nefs, à peu près égales en dimensions, sont séparées par quatre fais-
1. Ajoutons que le pavé est composé de mosaïques, de blasons, d*animaux héraldiques; neuf tombeaux sont placés à même le sol dans deux clôtures de grilles, avec des statues couchées de chevaliers du Temple et autres. Les colonnes, comme aussi au chœur, sont en marbre noir; une triple bague les consolide & mi-hauleur.
ceaux de colonnettes el voûtées de croisées d'ogives entre des ares doubleaux fortement brisés. Le chevet est plat et percé, comme les bas côtés, de grandes fenêtres gothiques consistant en trois longues baies amorties en tiers-point. Trois toits parallèles, en bâtière, couvrent cette partie peu élevée de Téglise.
L'ensemble du monument est en effet peu considérable, et la mention de ses principales mesures ne sera pas inutile pour donner une idée de Taspect que devait avoir le Temple de Paris, dont les dimensions quoique supérieures offraient avec lui, proportionnellement, beaucoup d'analogies. La rotonde mesure 60 pieds 6 de diamètre (18 m. 39), dont 14 pour la partie centrale (4,25) et 10,8 pour le collatéral (3,24). La hauteur actuelle de la nef, un peu diminuée à cause du plafond, est de 59 pieds (17,93); elle est de 28 pieds 4 (8,61) aux bas côtés. Le porche a 17 pieds en carré (5,16). Le chœur, du xiii« siècle, a la même largeur que la rotonde tout entière, dont 25 pieds (7,60) pour la nef centrale et 17 pieds (5,16) pour les latérales. La longueur est de 85 pieds 11 (26 m. 10), et les hauteurs de 37 pieds 3 et 35,8 (11,30 et 10,84). La longueur totale de Tédifice, tout additionné, est donc seulement de 162 pieds 17 (19 m. 65). Toutes ces mesures sont intérieures; il faudrait ajouter quelques mètres de plus pour Tépaisseur des murs.
On voit que les principales différences de plan que présente le Temple de Londres avec celui de Paris sont dans les parties secondaires du monument. Le chœur de Paris n*a que la largeur de la rotonde centrale et, par suite, manque de bas côtés; le porche de Paris est tout différent; enfin le clocher et Tabside n*ont pas d'équivalents à Londres. Les dispositions intérieures, du reste, diffèrent peu, sauf la richesse particulière de la décoration, et la beauté des matériaux employés dans le monument anglais.
B. Les Chapelles.
CflAPELLE DU Saint-Sépulcre.
11 nous reste à examiner les diverses chapelles dont le caractère beaucoup plus moderne a si singulièrement dénaturé le plan primitif de l'église. Toutes sont du xvi^ siècle, sauf celle dite du
Saint-Sépulcre, qui est certainement plus ancienne que toutes les autres, mais dont la date de fondation reste incertaine. Elle était placée sous le clocher; les « visites », sans le dire explicitement, laissent peu de doute à cet égard. On voit, dans les gravures anonymes du xvii^ siècle, la petite porte qui y conduisait.
Mais datait-elle de la fondation du clocher, ou de la construction de la nef-chœur au début du xiiio siècle? C'est ce qu'il est impossible de décider. Les traditions nous apprennent que la première chose que faisaient les Templiers, lorsqu'ils commençaient un nouvel établissement, c'était de mettre dans leur église un autel ou une chapelle qui leur rappelât le tombeau du Christ à Jérusalem.
Il se pourrait donc que la chapelle dont nous nous occupons fût, dès les premiers temps, le but de ces nombreux pèlerinages recommandés à toutes les époques par les bulles des papes, et que ce soit bien celle dont parlent tous les procès-verbaux de visites qui nous restent.
Toutefois nous n'en avons aucune mention antérieure à la visite de 1495. Et ce qui en est dit alors doit-il s'entendre d*unc répa* ration ou d*une fondation? Voici le texte : « Plus, a fait de nouveau le grand prieur Emery d'Amboise, au coslé de la chappelle [de Téglise] ung sépulcre eslevé de pierre, et les ymaiges bien painctes d'or et d'azur, lequel est faict à la mesure du Saint- Sépulcre de Ihcrusalera, est fort dévot, et plusieurs gens y accourrent; auprès, ung oratoire pour chanter messe, painct de la nativité de Nostre Seigneur, de prophètes et sebilles. »
La visite de 1664 dit, à son tour : « A la main droitle de ladite chapelle (de Notre-Dame de Lorette) est un petit caveau ou chapelle faicte sur le modèle du Saint-Sépulcre de Hierusalem, dont a esté le bienfaiteur feu Mgr le grand maître d'Amboise, auquel lieu il y a grand concours de peuples le jour de la saincte Pasques à cause de l'indulgence y conceddée par nos saincts pères les papes... Au-devant de la porte duquel se trouve une colonne au hault de laquelle sont quelques anneaux de fert à la forme et manière de celle où nostre rédempteur fust attaché; et y attient audict sépulcre la sacristie de Notre-Dame de Lorette... laquelle est bastie en appuy de la grosse tour ou clocher de ladicte église. » (Nous verrons tout à l'heure cette dernière construction.)
On a souvent, comme dans cet exemple, donné le nom de
« caveau » à cette chapelle. Nous ne croyons pourtant pas qu*il faille la considérer comme une sorte de crypte, dont le sol aurait été plus bas que celui de la nef; autrement les visiteurs, très minutieux en pareil cas, n'auraient pas manqué de parler de l'escalier. Nous pensons que ce nom doit être attribué à son obscurité, à l'épaisseur des murs qui formaient la base du clocher et à l'étroit c< passage » qui y donnait accès.
Son obscurité et son ancienneté sont constatées parce passage de la visite de 1665 : « ... Serions entrés en icelui après avoir pris de la lumière... La petite fenêtre grillée qui a été de toute ancienneté et qui représente celle qui est en Hierusalem de la mesme forme ayant estée bouchée par la menuserie de ladicte sacristie de Notre-Dame de Lorette : ce que nous n'avons pas trouvé à propos, n'y ayant point d'autre jour en icelle *. »
CUAPELLE DE NoTRE-DaMK DE LORETTE.
Nous venons de voir que la chapelle de Notre-Dame de Lorette était voisine de celle du Saint-Sépulcre. Elle ouvrait, par une grille de fer placée « au-dessous du chœur », sur cette partie de l'édifice qui était encore considérée comme la nef, et, par une large arcade, elle communiquait à l'est avec la chapelle du Saint- Nom de Jésus, qui ne faisait qu'un même corps de bâtiment avec elle.
Barillet dit que, « d'après une inscription sculptée extérieurement vers la partie supérieure des vitraux », elle fut béaie le 13 avril 1532, et avait été commencée en 1529.
En 1635, elle fut complètement restaurée, aux frais des « notables bourgeois de Paris, maîtres d'icelle », qui l'enrichirent aussi de divers ornements '. La visite de 1664 dit même quUls la firent c< construire tout à neuf » à cette époque, et parle aussi d*un agrandissement; c'est ce qui explique la disposition singulière
1. Et plus loin : « La décoration à quoy estoicnt obligez les confraires de N.-D. de Lorette en agrandissant leur chapelle du temps du grand prieur de Boisboudran n'ayant pas été faite... obliger lesdits... à parfaire la décoration dudit Sépulcre suivant qu'il est porté par leur contrat. » (S 5560.)
2. Du consentement de feu « mon dict sieur le grand prieur de Boisboudran [grand prieur de 1629 à 1639] ainsi qu'il appert par contracl du 26 mars 1635 ». (Visite de 1664, S 5558.)
du plan, et le caractère de cette chapelle, à la dernière époque, si différent des bâtiments qui Tentourent. Il est évident, en effet, que lorsque la chapelle du Saint-Nom de Jésus fut construite — et c'est à la même date — celle de Lorette ne devait pas dépasser Talignement, comme on le voit plus tard dans le plan et les gravures, où elle semble être une sorte de transept percé, au sommet, d'une grande rose. Il y eut là, au xvii® siècle, une transformation, qui s'attaqua aux voûtes comme aux fenêtres (celles-ci devinrent plein cintre et sans rcmplage) et fit perdre à la chapelle une grande partie de son intérêt architectural.
Sous son dernier aspect, elle mesurait 6 toises et demie de long, sur 3 toises 2 pieds de large (soit 12 m. 67, sur 6 m. 50). On l'avait « lambrissée, peinte et dorée en plusieurs endroits ». Une boiserie d'environ 12 pieds de haut (3 m. 90) régnait tout autour : plusieurs tableaux y étaient enchâssés. Le reste des murailles était couvert par une tapisserie de haute lice. L'autel (( en bois sculpté et doré en partie » était surmonté d'une statue de la Vierge.
Au-dessous de la grille d'entrée se trouvait le « banc de l'œuvre de la confrérie du Saint-Sacrement, ledit banc orné de sculptures et fait par les confrères ». Ce banc avait d'abord été placé dans le chœur vis-à-vis des places spécialement réservées aux commandeurs. Plus tard, on le fit mettre dans la nef, pour laisser plus d'espace aux dignitaires de l'Ordre ^
La confrérie de Notre-Dame de Lorette avait aussi son banc d'œuvre, mais placé en face de l'entrée de la chapelle, devanUla chaire, près de la chapelle de Saint-Pantaléon.
11 y avait comme annexe, nous l'avons vu, une sacristie spéciale « pareillement aux entretiens desdits bourgeois et marchands » et qui fut élevée contre le clocher, lors de la reconstruction de 1635. Ce bâtiment, fort bas, avait de petites fenêtres cintrées, deux sur une face, et une sur l'autre. Le toit, de forme très particulière, consistait en deux bâtières parallèles *.