S 5560, p. 13 (visite de
r. ToMbeaax el séyalCvres.
Les tombeaux placés dans Téglise du Temple furent très nombreux dès les premiers siècles; mais, la plupart n*étant que de simples dalles au niveau du sol, ils avaient presque tous disparu au moment où l'église fut supprimée. G^est le sort commun de ces sépultures; les remaniements, les restaurations que subissent les édifices religieux les ont réduites partout à un chiffre très restreint; et Ton n'en trouve presque plus, même de celles que les épilaphiers ou inventaires du xvu* et du xvin* siècle signalaient encore. Cependant ce qu'il reste, dans le dallage de nos églises, de fragments de pierres sépulcrales presque entièrement effacées, prouve combien elles étaient nombreuses : la rotonde et la nef du Temple en étaient littéralement pavées.
Il ne faut pas s'étonner de cette quantité de tombes, car elles renfermaient non seulement les dignitaires, les religieux de la Maison et tous les frères de la commanderie décédés à Paris, mais encore bon nombre des habitants de l'Enclos, au moins dans les premiers temps. Aussi en voyait-on jusque sous le portail. Barillet dit avoir encore distingué quelques figures gravées sur les dalles, mais déjà elles étaient presque effacées.
La sépulture dans l'église était du reste un privilège, car il existait un cimetière pour le commun des habitants de l'Enclos. Ce cimetière entourait tout le côté sud-est de l'église depuis la chapelle Notre-Dame de Lorette jusqu'à l'abside.
On y pénétrait par un étroit passage, le long de la façade extérieure de la chapelle, et on en ressortait de l'autre côté, en face du bâtiment conventuel. 11 fut d'abord isolé et entouré de simples murailles; mais plus tard, la place manquant dans l'Enclos, on en vint à élever des maisons en bordure, sur le côté nord. Cela occasionna quelques abus qu'on dut réprimer '. Le côté est était séparé du jardin conventuel par un mur de iO toises de longueur.
Plus tard ce premier cimetière ne suffisant plus, on en fit un autre dans l'espace laissé entre le cloître et le porche de l'église,
1. Une marquise de Francièrcs avait fait « construire un four et ouvrir une c^0I^ée de deux pieds et demi de haut, par où Ton jeteil des ordures et immondices sur le cimetière ». S 5545; inventaire de 1133.
l'église 101
au nord-ouesl. Il est indiqué sur les plans depuis le xvii« siècle. Sa clôture ne consistait gu*en un petit mur bas.
Revenons aux sépultures de l'église. Les « épitaphîers de Paris * » n'ont conservé qu'un petit nombre de leurs inscriptions, un choix, évidemment. Les copies qui portent ce nom, et que conserve la Bibliothèque nationale, ont été exécutées en 1669. Cette date concorde avec un règlement important que nous allons transcrire d'après le procès-verbal de la visite de 1665, et qui dut probablement amener quelque bouleversement dans les sépultures de Téglise '.
« Visitant les registres auxquels sont insérés les mortuaires, tant de nos frères que des séculiers parroissiens dudit Temple, et ayant recongnu par îceux que la pluspart de nosdits frères et séculiers estoient inhumez pesle-mesle dans Téglise... ce qui est contre nos statutz et Tintention de nostre religion qui veut que nos frères soient partout séparés et distinguez desdits séculiers, et par leur habitation s'il se pouvoit, ou du moings par leur sépulture, nous... avons jugé à propos d'en avertir le grand prieur, afln qu'il permette d'oresnavant, pour faire ladite séparation, qu'arrivant le deceds des prieurs conventuels, ils soient enterez derrier Tautel, devant la chappelle de Saint-Jean-Baptisle, patron de notre Ordre ; les révérends seigneurs grands prieurs et baillifs, dans le chœur de ladite église ^; les commandeurs, chevaliers et frères, dans la chappelle du nom de Jésus ; et les religieux et frères d'obédience dans la chappelle de Saint- Pantaléon avec ceux des frères qui ne pourront avoir sépulture dans ladite chappelle du nom de Jésus; laissant la neffe entière libre pour inhumer les parroissiens de l'Enclos du Temple. »
La règle exigeait que tous les chevaliers qui mouraient à Paris, ou plus près de cette commanderie que de toute autre, fussent enterrés dans l'église du Temple *, et il fallait une dis-