‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 57 sur 184 · MM 36, fo · texte numérisé non relu

MM 36, fo

eu connaissance du registre de 1520? ce qui, à la rigueur, n'est pas impossible. Quoi qu*il en soit, son opinion est la seule source où aient puisé tous les auteurs plus modernes qui ont donné la date de 1222.

L'autre date a une origine beaucoup plus ancienne : c*est un passage de la chronique de Saint-Denis *- et de la « Gontinuatio anonyma chronicae Girardi de Fracheto » (1230-1328) *. 11 y est rapporté qu'en 1310, vers le 24 juin, on exhuma et brûla les ossements d'un Templier récemment défunt, qu'on accusait d'hérésie : frère Joannes de Turno, trésorier du Temple (la chronique de Saint-Denis dit commandeur, ce qui est une erreur), « qui avait fait édifier la tour du Temple ».

Dubreul, après avoir raconté le fait, déclare que la tour fut terminée en 1306, et cette date a été ensuite adoptée sans autre preuve par beaucoup d'historiens de Paris.

On le voit, lexactitude des deux dates paraît également attestée parles textes. Dans l'impossibilité de les accorder, il n'y a d'autre parti à prendre que d'examiner si elles ne s'appliqueraient pas à deux édifices difi'érents, aux deux tours ou donjons du Temple.

Mais auparavant essayons de les mieux préciser, car il est clair que la construction de pareils édifices n'a pu être l'œuvre d'une année.

Si le frère Hubert est mort en 1222, pour peu qu'il ait exercé sa charge une trentaine d'années, comme le receveur Thomas Louette, ou une quarantaine, comme le prieur Adam Barroys {xv» siècle), rien n'empêche de rejeter l'édification de la plus ancienne des tours aux premières années du xiii*' siècle et même aux dernières années du xii<^.

Le style de la tour de Gésar parait évidemment indiquer une antiquité plus grande ; mais il faut faire la part de l'imitation des •châteaux forts du Temple en Orient, — qui est probable, — et du désir qu'on a pu avoir de reproduire à Paris un type adopté déjà d'une façon générale pour les commanderies de l'Ordre. D'ailleurs, •frère Hubert n'avait peut-être pas commencé lui-même la construction.

De plus, cette époque est celle où le trésor royal parait avoir

!. Histor. de France, XX, p. 687.

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