‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 59 sur 184 · S 5067, no 27, sceau no · texte numérisé non relu

S 5067, no 27, sceau no

LE DONJOiN 123

Que la tour de César, puis le donjon, aient servi à renfermer la partie du trésor royal confiée au Temple, ainsi que le trésor particulier de l'Ordre, nous n'en avons aucune preuve positive, mais cela est de toute probabilité. Ces forteresses inspiraient aux rois autant de sécurité que le Louvre, et ils prirent si bien rhabitude de s'en servir, que, pendant les trois quarts de son existence, la grosse tour resta en partie entre leui*s mains, au détriment de la maison du Temple. L'Ordre, du reste, ne parait pas avoir réclamé avant le xvn'^ siècle contre cet empiétement assez gênant.

Un des premiers usages que rÉtatfit du donjon fut d*y établir une prison, au même titre qu'au Louvre, au Chât^let et à la Bastille. Ce n'est donc pas tout à fait injustement que le caractère de prison, exceptionnel et momentané, mais renouvelé à l'époque de la Révolution, lui a élé conservé par le souvenir populaire. Il y eut même à la fois prison d'État et prison de ville. Cependant il n'est pas probable que la tour ait jamais été aménagée comme une prison ordinaire; le genre de détenus qu'on y renfermait ne parait pas avoir exigé aucun changement dans la disposition des salles; puis, les prisonniers d'État devaient être assez rares.

Les exemples qui prouvent l'usage constant de cette prison datent du xiv<? siècle et d'une partie du xv*'. Nous les passerons en revue dans un chapitre ultérieur.

Plus tard, et plus d'un siècle durant, on fit de la tour un arsenal pour les poudres et munitions de guerre. Cet usage parait avoir été adopté depuis l'incendie de la tour de Billy en 1538. C'est du moins ce que dit une requête envoyée en 1600 par le Temple à « Messieurs de l'Hôtel de Ville » pour diverses réparations * que la Ville de Paris était tenue de faire faire à ses frais dans le donjon.

Les textes relatifs à cet usage sont nombreux à partir de la seconde moitié du xvi*' siècle. Sauvai rapporte qu'en 1569 le chevalier du guet reçut de la Ville l'ordre de faire bonne garde, spécialement à la tour du Temple. Une surveillance active était en effet nécessaire, d'une part pour empêcher tonte nouvelle explosion, — il s'en était produit une le 20 janvier 1563 ', — et

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