‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 62 sur 184 · s 5562, p. 167; et S · texte numérisé non relu

s 5562, p. 167; et S

2. Les comptes de 1457 (MM 135) parlent d'un grenier situé « vers le coulombier sur les murs », et d'ailleurs rhôtel de M. Boscheron, secrétaire du roy, qui, comme nous le verrons, était précisément placé de ce côté de l'enclos, est inscrit en 1733 (S 5562) comme « au bout de la rue du Colombier ».

Couvent et cloître. — Palais prieural. — Jardins , fontaines,

murailles de l'Enclos.

A. Les Bâtiments eoaventaels et le eloltre.

Nous avons examiné les principaux monuments de la Maison du Temple de Paris : Téglise, le donjon, la tour de César; il nous reste, pour avoir une idée de Tensemble, à visiter les bâtiments de logement ou de service qui se sont groupés tout autour, couvent des religieux, cloître, palais prieural, maisons affectées aux officiers de justice, communs et dépendances de toute sorte. Enfin nous terminerons par quelques mots sur les murailles fortifiées qui entouraient tout ce vaste enclos, et sur la grande porte qui y donnait accès.

Ce sujet est plus aride que les précédents, et moins facile à rendre clair par une description. Les documents d*ailleurs sont moins sûrs; il est vrai que les indications, les plans, les mesures même ne manquent pas, mais ils se rapportent aux derniers siècles, et nous ne savons trop si la disposition des édifices que nous constatonsau xv** siècle était déjàlamêmeàTépoque des Templiers.Nous n'avons aucune donnée sur le style, sur Tàge de la plupart de ces bâtiments. Nous réunirons donc les détails que les pièces originales peuvent fournir, et, pour le reste, nous espérons que Timporlance un peu secondaire de la question fera pardonner Tinsuffisance des explications. D'ailleurs, les deux parties les plus curieuses de ces bâtiments, le cloître, qui est du xiii*' siècle, et le palais prieural, du xvin®, nous sont assez complètement connues pour nous permettre dV insister un peu.

Des constructions élevées par les Templiers, nous savons peu de chose avec certitude, si ce n'est leur nombre et leur importance en disproportion avec le personnel de la Maison. Ce fait

CURZO.N. 9

8*explique par les chapitres et assemblées générales qui réunissaient à Paris — chef d'ordre de la province de France — une quantité notable de dignitaires et de religieux du Temple, tous hébergés dans TEnclos '.

Il y avait peut-être aussi, comme dans beaucoup de monastères, des bâtiments destinés aux « hôtes ». L'Ordre en recevait souvent; nous reviendrons sur ce sujet dans un chapitre spécial, et nous y parlerons, entre autres, d*ua séjour que le roi d'Angleterre Henri III y fit, avec une suite considérable. Nous ne le citons ici que comme une preuve à Tappui de ce que nous avons avancé plus haut : Mathieu de Paris, qui nous rapporte le fait, donne pour raison de ce choix l'étendue de TËnclos ', les vastes écuries pour les équipages, les nombreux appartements réservés aux membres des chapitres, et notamment une salle immense où le roi d'Angleterre offrit un festin au roi de France.

Cette salle servait-elle aux assemblées de TOrdre? ou n'étaitce pas simplement le réfectoire, dont la dimension était telle que, selon Sauvai, c'est-à-dire à la fin du xvii' siècle, son emplacement était c( rempli de maisons particulières, et d'une rue entre deux qui règne de l'un à l'autre bout ' ».

Voici encore, d'après le même auteur, ce qui restait à cette époque des constructions primitives : la cuisine, les écuries, qui donnaient sur la rue du Temple, et à côté, un grand corps de logis s*étendant depuis la cour de l'église et le cloître jusqu'à la porte de l'Enclos. Tout cela avait été converti en logements* On peut encore en voir la place sur les pians modernes.

Quant aux bâtiments conventuels, ils avaient dû être transformés plutôt deux fois qu'une en passant des mains des Templiers à celle des Hospitaliers.

La plus ancienne description que nous possédions est celle de li56. Malheureusement, après avoir constaté l'existence de « plusieurs grands et beaux édifices, lesquels sont tous couverts de tuiles, tous en très bon état, et sont de grande charge et de grande retenue, et y est nécessaire tous les ans de graves réparations »,

1. L'assemblée de 1147, souvent citée d*après le Monastic, anglic. (Dugdale), avait, nous Tavons vu, réuni 300 chevaliers du Temple.

2. jEdificia cuidam numeroso exercitui sufficientia ac competeniia, dit Math, de Paris. Chron. maj. éd. Huard. Londres, V, p. 478.

Page 1