‹ La maison du temple de Paris, histoire et description: histoire et description, avec deux planchesChapitre 63 sur 184 · II, p · texte numérisé non relu

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COUVENT ET CLOiTRE 131

les « visiteurs » passent tout de suite à Tinventaire minutieux des meubles et ustensiles. Ce qu'ils en disent prouve du moins la rigoureuse simplicité des logements des religieux à cette époque.

Voici les pièces que Ton trouve indiquées : deux cuisines, aae f< chambre aux escuelles », une « despence », un réfectoire, une lingerie, un cellier, un dortoir pour les frères, composé de quatre cellules, une chambre pour le procureur et receveur, une infirmerie; enfin huit chambres ou « escrlptoueres » diverses» Il faut compter parmi ces dernières une salle spéciale servant aux chapitres hebdomadaires des religieux et du prieur du coiïvent.

On trouve aussi mention fréquente d'un jeu de paume attenant aux logements conventuels.

Force nous est de nous contenter, pour les premiers siècles, de ces simples indications. Avec la fin du xvii** siècle nous retrouverons d'autres documents plus abondants qui feront connaître les dernières transformations et les agrandissements des bâtiments conventuels.

Mais auparavant il convient de parler du cloilre, qui mérite toute notre attention, à cause de son ancienneté comme de sa disposition particulière, intéressante au point de vue archéoIo« gique. Les gravures de Sylvestre et surtout de Marot nous permettront d'en décrire Taspect avec quelque certitude.

Les cloîtres, comme on sait, sans être tout à fait indépendants de l'église, puisqu'ils y touchent généralement, possèdent souvent 4 côtés de galerie. Mais, dans beaucoup de cas également, le mur de l'église constitue lui-même un des côtés, et il n'y a que 3 galeries. Il est plus rare de voir cette église pénétrer en quelque sorte dans la cour du cloître et se trouver comme enserrée par les galeries. C'est probablement là le cas du cloître du Temple. Seulement nous ne pouvons affirmer en aucune façon Texistence des deux galeries de retour qui devaient rejoindre Téglise en son milieu. Nous ignorons même si celle-ci était environnée de 3 côtés; il n*y a de certains que les côtés nord et ouest, maïs l'existence de corbeaux en saillie sur le mur d'un long bâtiment ancien formant le côté sud, — indiqués nettement sur les gravures du xvii* siècle, — et surtout les ruines d'une première

arcade, permellent d'admettre qu'il y a eu là une galerie détruite à une époque qu'on ne saurait déterminer.

Le c6té nord du cloître, parallèle à Téglise, s'arrèlait à moitié environ de la nef circulaire. Un fragment de galerie devait faire retour en cet endroit et s'appuyer sur le mur de la rotonde, car il est souvent question d'un « passage au bout du cloître », qui permettait la communication entre le bâtiment du nord et une porte ouverte sur le collatéral de la rotonde. Cette indication, toutefois, ne se réfère qu'aux derniers siècles.

Dans Tétat où l'ont vu et copié Marot et Silvestre, le cloître du Temple se distingue des autres en ce qu*il est surmonté d'un étage avec un grand comble. L'exemple n'est pas commun; pourtant cet étage semble bien appartenir à la construction primitive. Le toit seul peut avoir été agrandi.

Dans la seconde moitié du xvii® siècle, une restauration importante fut entreprise, et l'on ajouta un deuxième étage et des greniers. Il est à croire qu'on renforça les piles trop faibles pour supporter un semblable poids. Du reste, on ne paraît avoir conservé que le côté nord, où se trouvaient les logements des religieux; le c6té ouest fut sacriGé. Les visites n'en parlent plus, et les plans ne l'indiquent pas. Dès le xvii" siècle, il ne restait donc plus qu'une galerie de ce vaste et curieux cloître.

Larges de 3 toises (5 m. 85), les galeries ouvraient sur la cour par une série d'arcades à jour fort simples, séparées par des contreforts montant sans ressaut jusqu'au toit. Ces arcades, en tierspoint, se composaient de deux petits arcs brisés retombant sur une colonnette médiane, et surmontés d'un large quatrefeuillc à lobes cintrés; un grand arc formeret à profil torique encadrait le tout. Un large bahut, peu élevé, portait les bases de toutes les colonnettes.Le profil des arcs présentait la tranche large et plate, à angles creusés en moulures toriques, qui est si commune dans la seconde partie du xii* siècle et la première partie du xiii*. Socles et abaques sont octogones.

Quelques-unes des arcades, ouvertes jusqu'en bas, servaient de portes pour sortir dans la cour. Elles se composaient d'un simple trèûe de forme cintrée, largement ouvert.

Quant à la voûte, nous n'avons aucune donnée sur sa construction. Il y aurait tout lieu de croire qu'elle consistait en croisées d'ogives, si l'absence de retombées n'était pas bien prouvée

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